
L'Opéra d'Alger, cette somptueuse bâtisse fraîchement livrée, débute sa première saison d'activité avec l'imposant spectacle Beyond Bollywood.Une tournée de la troupe en Algérie, organisée en collaboration avec l'Office national de la culture et de l'information et le soutien du ministre de la Culture. Pour sa troisième représentation, mercredi soir, le public s'est déplacé en force pour découvrir la féerie de ce spectacle indien. Une file indienne disciplinée et bien sapée s'est agglutinée devant le guichet, réservé à la vente des tickets. Les agents de sécurité, sourire aux lèvres, aiguillent les convives vers leurs places respectives.Prévu à 20h, le spectacle ne débutera que vingt minutes plus tard sous un tonnerre d'applaudissements. Le public est averti dès le départ, à travers un immense écriteau sur le rideau de la scène, qu'aucune prise de photos ou de vidéo n'est toléré. La tentation était tellement grande que le personnel de l'opéra a veillé tout au long de la durée du spectacle à faire respecter cette consigne.La scène est prise d'assaut par une dizaine de danseurs de hip-hop. Le ton est donné. Un producteur lance un casting pour l'élection d'une future vedette qui participera à un festival. Le choix ne sera difficile, puisque Shaily est la danseuse indienne la mieux indiquée. Elevée à l'étranger, en France, elle est déterminée à suivre le même chemin que sa mère ? qui était, elle, danseuse professionnelle ? et à montrer l'Inde avec sa culture multiple. Elle décide d'embarquer sa meilleure amie Emma pour mieux se reconnecter dans ses origines. Raghav est, quant à lui, un jeune chorégraphe qui a renoncé à être un danseur traditionnel pour s'adonner à une carrière à Bollywood.Il est, certes, aidé par son assistant Ballu, mais les bonnes idées n'arrivent pas à éclore. Ce n'est qu'en rencontrant Shaily à Mumbai, dans le c?ur de Bollywwod, lors d'un casting, que se produit ce choc de culture. A travers des pas de danse très mesurés et parfois de haute voltige le couple se rend compte très vite qu'ils ont des approches de pensées différentes. Mais, très vite, les deux tourtereaux, accompagnés de leurs deux amis, se rendent compte que les chorégraphies modernes et contemporaines jouées dans les normes européennes ne reflètent pas leur identité commune.D'un commun accord, ils optent pour un voyage au c?ur de l'Inde, à la recherche de leurs racines. Tout au long de ce spectacle d'une durée de deux heures, avec toutefois une pause d'une vingtaine de minutes, les 29 danseurs, dont 4 comédiens, ont offert un magnifique voyage initiatique à travers l'Inde, sachant que Mumbai abrite une des plus grandes industries cinématographiques.Dans un jeu scénique des plus brillants, les danseurs ont su allier avec aisance la danse, le ballet, le cinéma et la comédie musicale. Ils ont mis à l'honneur les différentes danses, coutumes et rituels indiens, à l'image de la danse folklorique du Gharba ? symbole d'amour entre deux âmes ?, la danse traditionnelle Pundjab avec ses tambours et ses sabres ou encore la danse Orissa, avec ses masques et ses sabres. Les différents tableaux colorés offerts ont nécessité plus de 700 costumes aux découpes différentes et aux somptueuses paillettes. Le spectateur est à même de faire le tour du pays, en passant d'une région à une autre, d'un costume à un autre, d'un style musical à un autre avec ce retour aux racines.Comme l'illustrera si bien, la productrice Carla Biset Benchikou, «il y a, dit-elle, des gens qui sont exportés et qui ont besoin de se connecter à leurs pays d'origine». Le programme du Bollywood a été légèrement modifié en intégrant, exceptionnellement, pour leur visite à Alger, un petit couplet de la chanson entraînante Didi de Cheb Khaled. Autre bonus offert aux convives, à la fin du spectacle d'un capella du film à succès Janitou dans les années 1980. Il est à noter que ce spectacle est né à la suite d'une rencontre entre le chorégraphe, réalisateur et producteur Rajeev Goswanmi et la productrice algéro-allemande, Nassyma Bentchicou.Cette dernière, médecin de formation, confie qu'il y a trois ans, quand elle a rencontré le chorégraphe et qu'il lui a parlé de son idée, cette histoire l'a interpellée à cause de la notion de retour aux racines. «Nous avons mis deux ans pour préparer ce beau spectacle. On l'a présenté une première fois l'année dernière à Londres. Puis nous n'avions pas d'autres représentations en vue. Donc avec ma fille Carla, nous avons décision de continuer l'aventure. Nous avons commencé à travailler depuis août dernier pour pouvoir être présents en Algérie.C'est une tournée internationale, pour nous c'était très important de démarrer par l'Algérie», dit-elle.Il est à noter qu'après Alger, le Bollywood se produira, entre autres, en Belgique, en Italie et aux Etats-Unis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com