Parallèlement à son programme annuel,
l'école de formation des techniques de la pêche et d'aquaculture (EFTPA) de
Béni-Saf organise régulièrement des cycles de perfectionnement en direction des
professionnels en quête de savoir-faire.
Ainsi, et depuis le début du mois de janvier, une vingtaine de
patrons de pêche suivent une formation à la carte sur les appareils d'aide à la
navigation et à la pêche. Cette formation est en quelque sorte une mise à
niveau des connaissances acquises sur le tas par les professionnels. Elle est
basée particulièrement sur l'instrumentation. Plusieurs unités de pêche, acquises
dans le cadre de la relance du secteur de la pêche, sont dotées d'équipements
modernes et la plupart du personnel navigant n'a reçu aucune formation
spécifique.
Safi est un patron de pêche qui n'a pas de complexe: «En pratique,
je m'en sors mais techniquement parlant, j'ai des lacunes. Tout est nouveau
pour nous. Ces équipements électroniques sont très compliqués. J'arrive à peine
à manipuler ces instruments sans en connaître davantage sur leur utilisation.
Je suis à l'école pour élargir mon savoir-faire». Quant à Hassen, il raconte
que «quand les enseignants de l'école sont venus au port pour donner des
explications sur ce stage, j'ai exprimé le besoin et tout de suite donné mon
accord».
Avant d'ajouter qu'au début, ils étaient à peine une vingtaine à
se manifester, et qu'aujourd'hui tous les autres sont intéressés pour suivre ce
perfectionnement. Il reconnaît aussi que tous les nouveaux bateaux sont équipés
d'appareillages sophistiqués difficilement maîtrisables. Là malheureusement le
volet «formation» n'a, dans plusieurs cas, pas été pris en considération entre
l'investisseur algérien et le fournisseur étranger du bateau lors de la
négociation. Aucune clause n'a été introduite dans le contrat pour faire
bénéficier un ou deux éléments d'un stage.
A
travers ce nouveau produit de formation, l'école de pêche de Béni-Saf veut
apporter cette touche technologique ou plutôt améliorer le savoir-faire acquis.
«Notre objectif fondamental, explique la directrice de l'école, Mme Safia
Labedelaoui, est d'améliorer leur niveau technique afin de donner toutes les
aptitudes aux professionnels pour qu'ils puissent être capables d'utiliser ou
exploiter convenablement un instrument électronique ou électrique. Une
prospection a d'ailleurs été nécessaire pour détecter les insuffisances des uns
et des autres, d'arrêter leurs besoins et d'établir une fiche technique du
stage de perfectionnement. Le programme comprend 4 séances de 3 h pour chaque
thème. Actuellement on a réparti les candidats en 2 groupes, chaque groupe travaille
sur un appareil. Pour le moment, on a retenu dans le programme 5 thèmes, sonar,
GPS (guidage par satellite), sondeur, radar et enfin VHF. A la fin de chaque
cycle, la formation est sanctionnée par une attestation de stage délivrée au
stage. Une 2ème partie est programmée, elle concernera le simulateur et la mise
en oeuvre des engins de pêche».
On
enregistre près de 200 professionnels (diplômés ou pas) capables de commander
un chalutier dont plus de 80% n'ont aucune formation de base dans
l'instrumentation ou l'électronique sauf un bagage acquis sur le tas auprès du
père ou d'un ami. Enfin un titre dans la poche, c'est toujours utile. Les lois
sur la navigation sont de plus en plus exigeantes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com