L'école de formation de pêche et d'aquaculture de Béni Saf a mis à profit la journée mondiale de l'environnement pour proposer, dans l'après-midi du mercredi, une rencontre scientifique sur la pollution de la mer. Une initiation d'information et de sensibilisation sur la conservation et la protection de l'environnement du littoral, largement suivie par des gens de la mer. Au programme, trois communications, présentées par des cadres de la «maison», ont suffi pour mettre le doigt sur la menace qui plane directement sur la réserve de la ressource halieutique. En ouvrant les débats, Mme Labdelloui, directrice de l'école, a mis en relief l'importance et le choix de ces thèmes, aussi simples et aussi complémentaires les uns aux autres, afin de donner une vision claire et compréhensive. La première communication «Eléments d'approche de l'impact de la pollution sur les ressources halieutiques», animée simultanément par MM. Chergui et Bekrattou, enseignants à l'école, a été plutôt une entrée en matière dans le vif du sujet exposé. Les mers, qui représentent environ 71 % de la surface du globe, font directement vivre environ 200 millions d'hommes dans le monde. Mais leurs fonds marins sont aujourd'hui menacés par l'extermination de la faune et la flore que cause la pollution, entamera Chergui. La mer Méditerranée, par exemple, reste un remarquable échantillon de l'économie mondiale, mais reste sujette de pollution. Son bassin, qui reçoit 3 à 4 millions de tonnes de rejets, met aussi 85 années pour se recycler. Cette énorme pollution provient non seulement de la mer mais aussi en grande partie (80 %) de la terre (ruisseaux, rivières, déchets industriels et domestiques, égouts municipaux...). On entend par pollution, toute souillure ou infection pouvant engendrer la dégradation de la flore ou (et) de la faune. M. Bekrattou prendra ensuite le relais: «Cette pollution marine tue un nombre incroyable d'espèces marines, touchant plus durement les eaux côtières, les zones les plus riches en biodiversité et les ressources marines sur lesquelles nous dépendons». Ce dernier mettra en exergue la menace de plus d'une centaine d'espèces qui restent en danger ou en voie de disparition, notamment le phoque-moine, les tortues marines et la posidonie, cette algue marine, qui, comme toutes les autres espèces marines forment un maillon irremplaçable de la chaîne biologique. Le phoque-moine, qui n'est pratiquement plus présent chez nous, est l'une des 10 espèces les plus menacées dans le monde. La chasse, la pollution et la destruction de son habitat et des sites de reproduction sont les causes de sa disparition. D'autres causes des dangers de cette biodiversité sont les aménagements littoraux liés au tourisme, les pratiques agricoles intensives (irrigation réduisant les apports en eau des zones humides), extension des zones urbaines ou industrielles réduisant les espaces naturels ou encore le réchauffement climatique provoquant une élévation du niveau de la mer. La communication suivante «Filets sélectifs pour une pêche durable» sera présentée par Mme Meniri, directrice des études de l'école. Ce thème portera sur le danger d'une méthode de pêche, au moyen de filets dérivants, encore pratiquée chez nous qui pourtant n'est plus autorisée dans plusieurs pays de la Méditerranée. Ces engins de pêche, même très efficaces, sont aujourd'hui remis en cause par bon nombre de professionnels conscients, en raison de leur redoutable méfait sur le stock halieutique. Ces filets à mailles étroites piègent tout poisson, aussi petit soit-il, et font des ravages dans la faune marine. Ils font aussi disparaître le poisson des zones de pêche les plus prolifiques. Ne faut-il pas décider un moratoire pour s'en débarrasser ? Conclura-t-elle. Enfin, la troisième et dernière communication a été consacrée à la stratégie de l'Algérie pour la protection du littoral dans toutes les formes (signature de conventions internationales, lois, décisions...). Elle fut présentée par Mlle Sabri, enseignante à l'école. Notons encore que la matinée a été réservée à des «portes ouvertes» sur la formation et sur l'aquariophilie. Rappelons ici que l'école de pêche de Béni Saf forme des patrons-côtiers, des patrons de pêche, des électro-motoristes et des techniciens (et techniciens supérieurs) de l'aquaculture. L'école assure aussi la formation à la carte et sur site, destinée aux marins-pêcheurs qui veulent régulariser leur situation professionnelle avant l'entrée en vigueur des lois internationales.
salam,
boutchiche setti - botaniste. et paramotoriste et randeneuse - tlemcen, Algérie
23/07/2011 - 17255
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com