
Incontestablement, l'autorisation accordée par le ministère de l'Intérieur au parti de Ali Benflis, le Parti de l'avant-garde des libertés, de tenir son congrès, est l'événement politique le plus marquant de ce début d'année 2015. Déjàà l'avant-garde de l'opposition, frontale et sans concessions contre Abdelaziz Bouteflika, l'ancien chef du gouvernement constituera, à coup sûr et à très court terme, une véritable force politique qui pèsera lourd sur l'échiquier politique national. Il sera, de fait, le leader de l'opposition.Kamel Amarni - Alger (Le Soir)L'homme qui n'a rien perdu de son aura et de sa popularité, douze années après avoir été victime d'un coup de force inspiré et mené à partir de la présidence, pour l'écarter du Front de libération nationale, a toujours été le concurrent le plus sérieux face à Bouteflika.A deux reprises, en 2004 puis en 2014, il aura fallu recourir aux «gros moyens», pour casser sa candidature. Vraiment, tous les moyens : l'administration, la justice, le ministère des Affaires étrangères, celui de l'Intérieur, voire le gouvernement en entier, les médias publics, l'argent, la propagande ; bref, tout ce que l'on peut imaginer en de pareilles circonstances, chez nous, quand quelqu'un «ose» se présenter contre le candidat du pouvoir. Davantage quand il s'agit, comme en l'espèce, d'un candidat qui a eu à en faire partie et à exercer de hautes fonctions. Chef du gouvernement entre 2000 et 2003, après avoir été directeur de cabinet de la présidence de la République et, auparavant, ministre de la Justice dans les gouvernement Merbah, Hamrouche puis Ghozali, Benflis avait réussi, au plan partisan, à révolutionner, en très peu de temps, ce qui était le temple même du conservatisme : le FLN !Succédant au cacique Boualem Benhamouda le 20 septembre 2001 à la tête de l'ex-parti unique, Benflis en fera, immédiatement après, un parti complètement rénové, dans ses structures et surtout son discours. En moins d'une année, il en fera la première force politique du pays après ses deux écrasantes victoires aux législatives et aux locales de 2002.N'était le coup de force suscité, il aurait été élu sans coup férir lors de la présidentielle de 2004, déjà ! A telle enseigne que même après une traversée du désert de dix ans, Benflis qui s'était présenté en tant que candidat indépendant, ne disposant d'aucune structure partisane, a fait paniquer le cercle présidentiel, y compris le premier concerné qui, pour rappel, avait prononcé une seule phrase durant toute la campagne électorale : c'était pour traiter Benflis de... «terroriste». Malgré la machine de guerre mobilisée contre lui par le cercle présidentiel, l'ancien chef du gouvernement réussira une campagne électorale extraordinaire à travers tout le pays. Rien que le score «officiel» qu'on lui concède, une deuxième place avec plus de 10% des voix, renseigne sur sa popularité. C'est ce grand élan que Benflis voulait canaliser, à travers la création d'un parti politique que l'administration avait tout fait pour entraver.Disposant de réseaux actifs et très puissants dans les quarante-huit wilayas et même au sein de l'émigration, Benflis peut également compter sur des milliers de cadres, tant en dehors qu'au sein même des rouages de l'État. La célérité avec laquelle il annonçait, mercredi dernier, la tenue du congrès constitutif de son parti au début juin prochain est la preuve du grand potentiel, tant humain que matériel, dont dispose ce nouveau-né de la classe politique.Un potentiel qui en fera la première force de l'opposition mais aussi un parti prêt à gouverner à tout moment. Sans doute, également, que ce nouveau parti «absorbera» de nombreuses petites formations politiques, notamment une bonne majorité de celles qui avaient soutenu sa candidature pour les présidentielles d'avril 2014. Il rognera grandement aussi sur la base sociale du FLN, voire même du RND.Un phénomène qui s'accélérera naturellement avec la perspective, déjà , d'une éléction législative qui pointe à l'horizon.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K ”ˆA
Source : www.lesoirdalgerie.com