Le ministre de la Santé prépare les assises nationales de la santé pour le mois de décembre prochain. Les partenaires sociaux se sont déjà mis au travail pour préparer leurs propositions qu'ils soumettront au premier responsable du secteur durant ce mois d'octobre. Abderrahmane Benbouzid promet de faire «un état des lieux du secteur sans aucune complaisance» afin de corriger les dysfonctionnements soulevés. L'idée intéresse-t-elle pour autant les organisations syndicales 'Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le ministre de la Santé envisage de nouvelles réformes pour son secteur. Benbouzid dit vouloir activer le système de santé et corriger les dysfonctionnements sur la base des propositions soumises par les partenaires sociaux. Ces derniers sont, d'ailleurs, appelés à déposer leurs propositions auprès de la tutelle avant le 20 octobre prochain. Les partenaires sociaux qui appellent à la mise en place des arrêtés d'applications de la loi sanitaire sont-ils intéressés par ces discussions ' Pour le président de l'Ordre des médecins «le dialogue est toujours important».
Mohamed Bekkat Berkani rappelle qu'il y a déjà eu organisation des assises auparavant «mais les conditions aujourd'hui sont autres». L'Ordre des médecins compte évidemment aller vers ces assises parce qu'il faut «augmenter les avis». Ces assises, rappelle notre interlocuteur, sont des recommandations qui valent ce qu'elles valent vis-à-vis de l'exécutif, «nous avons un avis à donner, est-ce que c'est un avis déterminant ' Je pense qu'il est déterminant».
L'Ordre des médecins s'interroge, toutefois, sur les mécanismes qui permettraient au secteur de s'en sortir avec les moyens dont il dispose ' Le Syndicat national des enseignants chercheurs universitaires est également prêt à aller vers ce rendez-vous. Puisque le syndicat qui a déjà travaillé sur la nouvelle loi sanitaire attend encore que les dossiers préparés soient mis en application. «Nous ne pouvons pas régler les problèmes de la santé sans toucher aux problèmes de fond en prenant des décisions fortes, il ne faut pas faire du social et espérer pouvoir bouleverser le système de santé», a déclaré Rachid Belhadj, président du Snechu.
La Société algérienne de médecine générale qui tient à son projet de «spécialisation de la médecine générale», tout comme le Syndicat national des praticiens de santé publique, compte justement défendre ce projet lors de ces assises. Selon le docteur Abdelkader Tafat, la formation médicale initiale en Algérie ne répond pas aux soins primaires, et la médecine générale n'est plus attractive pour les jeunes étudiants.
«Le médecin généraliste a perdu sa crédibilité dans notre société et notre système de santé ne répond pas aux besoins de soins de la population, la valorisation de la médecine générale sera assurée par une formation médicale de qualité (initiale ou post-universitaire) et la spécialisation de la médecine générale est une nécessité primordiale pour l'amélioration de la qualité des soins primaires», a déclaré le docteur Tafat qui propose la création d'un département de médecine générale dans chaque faculté de médecine.
«L'apprentissage doit être basé sur le développement des compétences et une formation réflexive, et la majorité des stages doivent se dérouler en dehors des CHU ; dans ce sens faudrait-il penser aussi à la formation des maîtres de stage. Nous proposons un rapprochement des collèges SAMG avec les facultés de médecine et le développement d'un partenariat de formation, rendre au médecin généraliste ses prérogatives est plus qu'une urgence par le rétablissement d'un parcours de soins adapté et efficient du malade à l'instar des autres nations qui nous entourent. Et pour ce faire, il faudrait de la volonté, de la motivation et surtout l'implication des différentes parties concernées. Je citerai en premier lieu les services de sécurité sociale, sans oublier le médecin généraliste lui-même», a conclu le président de la SAMG.
S. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Akkouche
Source : www.lesoirdalgerie.com