
Vous avez tout récemment donné, depuis la villa Susini à Alger, le premier coup de manivelle du film « Larbi Ben M'hidi » que vous réalisez et produisez à la fois. Parlez-nous de cette nouvelle aventure qui semble vous emballer particulièrement...Après plusieurs années de tracasseries, de combat, de recherches de financements et d'attente, le tournage du film « Larbi Ben M'hidi » a débuté...Indépendamment de son rôle premier dans le déclenchement de la Révolution nationale et la place primordiale qu'il a occupée tant sur le plan politique que militaire dans la guerre de Libération nationale, qu'est-ce qui vous a le plus retenu dans le personnage de Ben M'hidi 'Ben M'hidi était un fédérateur, un rassembleur, un fondateur. Il a joué un rôle important dans le mouvement nationaliste, notamment au sein de l'Organisation Spéciale (OS), le déclenchement de la Révolution, le Congrès de la Soummam, la Bataille d'Alger et la grève des huit jours.Vous avez, à l'occasion du lancement du tournage, regretté le manque de documentation et d'archives concernant ce grand chef historique. Sur la base de quelles sources Mourad Bourboune et Abdelkrim Bahloul (les scénaristes) ont-ils travaillé pour mettre au point le scénario 'On a tourné beaucoup de films sur la révolution du 1er Novembre mais uniquement sur les maquis, les batailles, etc. C'est la première fois qu'un scénario est écrit comme une saga familiale retraçant le parcours scolaire de Ben M'hidi, son adolescence, ses débuts de conscience politique, ses motivations et son éveil contre le colonialisme. On parle dans ce film plus de l'homme que de l'homme politique. En d'autres termes, faire un film sur Ben M'hidi est un signe de récupération de notre mémoire collective et au même moment un hommage aux porteurs de messages de liberté et d'indépendance. Il faut dire aussi que notre génération a été dépossédée de son propre patrimoine et de sa mémoire et qu'il y a très peu d'historiens qui ont travaillé sur le parcours des leaders politiques de la Révolution algérienne. En plus du problème d'archives, il y a des contradictions dans les témoignages recueillis, qui ont rendu notre mission très compliquée. Il a fallu qu'on fasse un travail très rigoureux dans le tri de cette documentation. Nous sommes partis aussi à la recherche des vrais témoins, des membres de sa famille et de ses rares compagnons encore en vie comme Hassani et Mme Dhrifa Ben M'hidi, Brahim Chergui, Hachemi Trodi, Safir Lavalette Allaire, etc. Nous avons reconstitué son parcours de A à Z.Vous rendez un hommage particulier à l'ancien patron de l'Organisation Secrète (OS), Mohamed Belouizdad. En quoi ce dernier fut-il déterminant dans le parcours héroïque de Ben M'hidi 'Après les massacres du 8 Mai 1945, c'est Mohamed Belouizdad qui est venu chercher Ben M'hidi à Biskra sur les recommandations d'un certain Issami, tailleur à Biskra. Après un long entretien, Belouizdad envoie Boudiaf pour l'intégrer officiellement à l'OS. Il faut dire aussi que Mohamed Belouizdad est très méconnu alors qu'il est l'un des pères spirituels de la Révolution algérienne et de la lutte armée. Il est mort avant même le 1er Novembre suite à une maladie en 1952. On a voulu lui rendre hommage dans ce film.Avec une équipe à 90% algérienne, vous semblez tenir à l'« algérianité » de votre nouveau film...Nous avons donné la chance à tous les Algériens, acteurs et techniciens, sauf pour les postes que nous n'avons pas en Algérie.Vous avez opté pour un casting composé essentiellement de jeunes talents. Seraient-ils à la hauteur de l'ancienne génération qui a brillé à travers des films de très haute facture 'Je pense que cinquante ans après l'indépendance, il est temps de commencer à faire confiance aux jeunes techniciens algériens et de leur confier des postes de responsabilité. Pour les acteurs aussi, je n'aurais pas la conscience tranquille si je devais confier les rôles des libérateurs du pays à des étrangers. Même si l'Algérie a un manque terrible d'écoles de formation dans tous les domaines du 7e Art. Ce film n'est à la gloire ni de X ni de Y mais un film objectif et juste. La Révolution est sacrée, elle fut la plus belle révolution du XXe siècle.Vous bénéficiez d'un soutien financier de taille (les ministères des Moudjahidine et de la Culture, la wilaya d'Alger, etc), autrement dit, vous n'avez pas le droit de décevoir le public comme vous l'avez manifestement clamé lors du coup de manivelle...Le film est coproduit par les deux ministères mais ce n'est pas assez. Il va falloir réunir encore plus de financement pour faire un grand film qui fera le tour du monde.Des projets cinématographiques 'Mon prochain film sera consacré au chantre de la chanson kabyle, Matoub Lounès.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A G
Source : www.horizons-dz.com