Alger - Revue de Presse

Belkhadem, dans la peau du futur...



L'interview d'Abdelaziz Belkhadem au journal Le Monde ne manque pas depiquant. Parlant de la fameuse alerte aux attentats kamikazes contre la TV etla Grande Poste de l'ambassade américaine, il a estimé le geste «inamical etcritiquable aussi bien sur le plan diplomatique que sur celui de la morale ».  C'est bien, cette apparence defermeté mais pourquoi avoir éprouvé le besoin de préciser immédiatement quecela «n'aura pas de suite » ? C'est d'ailleurs une évidence, une lapalissade :quelle suite cela pourrait-il bien avoir... Renvoyer l'ambassadeur US... ? Passérieux, bien sûr. Il n'y avait pas de mesures de rétorsions possibles contrela puissante Amérique, juste quelque reproche pour une amitié «trahie». Maisdans ce cas, il suffisait de s'en contenter et de s'abstenir d'évoquerl'absence de suites...  Les journaux algériens qui«relaient » les propos de ceux qui sont hostiles à la politique deréconciliation nationale sont traités - ce n'est pas une surprise - de manièrebeaucoup moins amène. Si ces journaux, a expliqué Belkhadem à notre confrère,«étaient intelligents, ils corrigeraient leur ligne éditoriale ».  Voilà une déclaration d'un autretemps. Que le Chef du gouvernement-secrétaire général du parti FLN considèreque ces journaux ne reflètent que les avis d'une minorité est une opinion qu'ila le droit de défendre, ce qui l'est beaucoup moins est l'appel adressé à ces«minoritaires » à changer de ligne éditoriale. Est-ce d'ailleurs un simpleappel ?  Certains, dans un pays où lapresse est déjà dans le profil bas, pourraient y voir, avec inquiétude, unesommation à s'aligner davantage.  Après tout, si l'on sort del'esprit de parti unique (on est censé l'avoir fait), les «majoritaires »devraient pouvoir souffrir l'existence des minoritaires sans insulter leurintelligence.  On peut d'ailleurs constater,avec un certain amusement, que la «ligne » politique du FLN - l'équivalent dela ligne éditoriale des journaux - est passablement floue. Comment aprèsquelques heures de branle-bas de déclarations chagrines et coléreuses àl'encontre des Etats-Unis, le discours redevient-il lisse et plat : «Il n'yaura pas de suite ».  C'est sage ? Peut-être, mais pasdans la «ligne » nationaliste et anti-impérialiste du vieux FLN, laquelle s'estsubtilement réfugiée chez un Parti des Travailleurs sans pouvoir...  Point n'est besoin de revenir surles errements de la loi sur les hydrocarbures pour saisir qu'en terme de «ligne» - si tant est que cela ait un sens dans des partis-appareils -, la clartén'est pas le fort du FLN de Belkhadem. Mais Belkhadem parlait peut-être en chefde gouvernement et en futur président potentiel... Dans ce cas, les chosess'éclairent un peu. Le Chef du gouvernement Belkhadem est entrain de cultiver àl'étranger l'image d'un bon «islamiste » ou d'un islamiste acceptable et il nefaut donc pas s'attendre de sa part à des écarts de langage - encore moins deconduite - même si le FLN a des «traditions »...  Paradoxalement, cette «mauvaisepresse » qu'il tance si vertement, en faisant de lui, sans le moindreinventaire, un «islamiste », lui permet de cultiver cette bonne image àl'extérieur. Des diplomates et des journalistes étrangers le disent : «Il passebien à l'extérieur ».  Ce n'est donc pas un handicap quede passer pour 1islamiste et que le militant disparaît derrière la fonctiongouvernementale. Reste à expliquer cette charge contre les journaux qui «nereprésentent pas grand monde » et qui n'ont pas «l'intelligence » de changer deligne éditoriale ?  De l'action préventive en prévisiondes prochaines échéances où il semble s'attendre à ce qu'ils se lancent dansdes tirs de barrages, à la turque, pour sauver la République ? On ne parle pasbien sûr, des législatives du 17 mai... Belkhadem est sans doute déjà dans lapeau du futur...
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)