
Abdelaziz Belkhadem, ministre d'Etat sans portefeuille et conseiller spécial du chef de l'Etat, a été démis de ses fonctions à la présidence de la République, exclu de toute autre mission étatique et interdit de toute activité ausein du FLN, dont M. Abdelaziz Bouteflika est le «président d'honneur». Dans cette affaire, si affaire il y a, il y a la forme et le fond. D'un point de vue formel, l'ancien SG du FLN a été brutalement limogé de ses fonctions.Même s'il n'est pas motivé et qu'il ne comporte aucune allusion, le communiqué d'annonce, bref, concis, précis et avec une tonalité dure assez inhabituelle, suggère même qu'il a été éjecté carrément de son poste, comme un malpropre ou un fautif. Sur le fond, Belkhadem est surtout désormais interdit de fonction au sein des appareils de l'Etat et même dans sa périphérie politique.Et même si elle ne dit pas son nom, il s'agit bel et bien d'une excommunication à laquelle a procédé le chef de l'Etat en sa qualité de président de la République et de patron effectif du FLN, parti du pouvoir par excellence. C'est la première fois en tout cas, que Abdelaziz Bouteflika agit de la sorte avec sa double casquette de président de la République et de président d'honneur du FLN. Preuve que le problème était sérieux de son propre point de vue. Après sa brutale éviction de la présidence de la République et son bannissement annoncé de la vie politique, Abdelaziz Belkhadem, membre de premier plan de la direction du FLN, en sera bientôt exclu, puisque instruction expresse en a été donnée à l'actuel secrétaire général de l'ancien parti unique. Déjà, depuis quelques jours, nombre d'indices montraient que Belkhadem était devenu persona non grata au siège du FLN où ses anciens soutiens l'évitaient comme s'il était subitement devenu un pestiféré. Et on a même vu d'anciens supporters indéfectibles tresser des lauriers inhabituels à Amar Saâdani, hier un adversaire politique honni.Abdelaziz Belkhadem semble payer aujourd'hui une ambition politique démesurée et surtout impatiente de devenir calife à la place du calife. Et, d'asseoir cette ambition sur un pari permanent sur les islamistes lancé durant les dernières années de son ultime mandat à la tête de l'Assemblée nationale. Depuis 1992, et quel que soit l'évolution de sa carrière politique qui l'avait mené tout de même au sommet de l'exécutif, il a toujours considéré que la carte islamiste était son meilleur atout pour parvenir un jour à la magistrature suprême. Il était donc logique de le voir s'afficher, de manière ostentatoire, à un récent meeting auquel avaient pris part d'anciens dirigeants historiques du FIS interdit. Des personnalités qui avaient refusé de chanter l'hymne national ou de se lever, par respect, lorsqu'il fut entonné lors d'un rassemblement de solidarité avec Ghaza à Alger. De surcroît, Abdelaziz Belkhadem, au titre de conseiller spécial du chef de l'Etat et de ministre d'Etat dans le gouvernement de Abdelmalek Sellal, avait pris part à ce meeting auquel avait assisté un large panel d'opposants, y compris des islamistes de l'ex-FIS. Il y avait-là, au minimum, un mélange de genres et un irrespect de l'obligation de réserve.Avec la révocation brusque et cinglante de Abdelaziz Belkhadem, passe ainsi à la trappe un des hommes politiques les plus détestés de l'histoire politique de l'Algérie indépendante. Un politique qui symbolisait sous ses turbans de différentes couleurs, le cynisme, l'ambition démesurée et la trahison des principes et des amis. Quand bien même l'homme avait le verbe et la courtoisie de façade qui cachaient bien des dents de loup au solide appétit politique. L'opposition algérienne a désormais un potentiel candidat à recruter.N. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noureddine Khelassi
Source : www.latribune-online.com