C'est dire si le décor était bien planté, hier, pour que la conférence de presse qui s'était improvisée au niveau du tribunal de Constantine soit l'occasion d'un échange transparent du ministre de la Justice et garde des Sceaux Tayeb Belaïz avec la presse locale, rameutée en nombre au niveau du tribunal de Constantine. Le cas du magistrat incarcéré depuis jeudi dernier à la maison d'arrêt de Chelghoum Laïd, pour répondre du délit de corruption, en même temps qu'un expert foncier et qui doivent comparaître aujourd'hui, devant le tribunal de cette ville, a été en effet, et d'entrée de jeu, un aiguillon propice au ministre Belaïz, en visite hier à Constantine, au motif essentiellement de l'installation du pôle judiciaire, pour défendre l'institution judiciaire, quelque peu malmenée par de nombreuses affaires, en affirmant péremptoire que 99 % des magistrats sont honnêtes. «Ce sont eux, dira-t-il, qui sont engagés en première ligne pour combattre la corruption au sein de leur corporation». Parmi les objectifs induits par la réforme de la justice, «il y a précisément cette volonté, soulignera-t-il, de débusquer les magistrats corrompus, et de réduire les dysfonctionnements en tous genres, comme le recours systématique au mandat de dépôt, les procès expéditifs», avouant dans la foulée, le surpeuplement des prisons. A ce propos, le ministre déclarera que 13 établissements pénitentiaires dont la réalisation a été confiée à des entreprises chinoises sont en chantier. A l'occasion, même s'il n'a pas forcé le trait sur le sujet, le ministre insistera aussi sur les efforts consentis au chapitre de la formation, rappelant que «60 % des magistrats ont suivi ces dernières années, des cursus appropriés en Algérie au niveau de l'ESM (Ecole supérieure de magistrature) et à l'étranger, afin qu'il puisse maîtriser les dossiers à la hauteur des grandes et complexes mutations que connaît le pays etc... En même temps, dira-t-il, les conditions socioprofessionnelles des magistrats, ont été, elles aussi améliorées, notamment en matière de salaires ». Sur le front de l'affaire dite des 17 Algériens détenus sur la base américaine de Gantanamo, le ministre de la Justice a confirmé à l'occasion ce que l'on savait déjà, à savoir l'absence, pour l'heure, d'un accord avec les Américains concernant le rapatriement de certains détenus algériens. «Si ces Algériens souhaitent rentrer au pays, martèlera-t-il, ils sont des nôtres et ils sont les bienvenus, à la nuance près, dira-t-il, que ceux qui font l'objet de poursuites judiciaires en Algérie seront jugés, selon le code pénal algérien, les autres retourneront auprès de leurs familles». A propos de la détention en général dans le pays, le ministre de la Justice a estimé que la situation est plutôt satisfaisante, et que des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine, caractérisés notamment par le processus de réinsertion, avec, pour argument massue, le taux de réussite chaque année de nombreux détenus au baccalauréat et aux différents concours «comme nulle part ailleurs dans le monde», se risquera à dire le garde des Sceaux. A l'évidence, «si la corruption est l'affaire de tous», comme l'a souligné hier, le ministre de la Justice, désormais et tout le monde l'a compris, le crime organisé, le grand banditisme et ses ramifications internationales, le trafic de drogue, le blanchiment d'argent et les délits relatifs à la législation des changes, ce sont ces pôles de juridiction à compétence étendue, (Alger, Constantine, Ouargla et Oran) qui instruiront et jugeront les dossiers.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K B
Source : www.lequotidien-oran.com