Evacuons le superflu, le graphisme laisse à désirer, les dessins sans perspective. Allons à l'essentiel, une œuvre d'une rare puissance, subtile et profonde.Fawzi Brachemi fait œuvre utile avec Trahison, un travail salutaire. Le lendemain de l'indépendance vu par un jeune garçon, un regard juste, plein d'innocence. Et comme son regard n'est pas travesti par des considérations idéologiques, il en est percutant. Juillet 62 annonce la prise de pouvoir par les militaires, les putschs à venir, le parti unique, la dictature. Qu'est devenue notre indépendance ' Avec une tendresse et une naïveté dont seuls les enfants sont capables, l'auteur, 13 ans en 1962, raconte l'Algérie post-indépendance avec déjà cette méfiance, défiance pour le régime qui s'annonce.
Aux youyous succèdent les bruits de bottes. Ben Bella se joue de la démocratie pour embrasser la dictature, avant d'être déchu lui-même par son parrain, Houari Boumediène. La lutte de clans se transforme en guerre fratricide, les héros d'hier ont soif d'honneurs et de postes. Fawzi Brachemi, qui a publié des premiers dessins dans La République, puis Horizon et Révolution africaine, ne se contente pas de faire œuvre de fiction, il ne s'écarte pas du cadre historique et narre (avec dérision, humour, amour) les rêves déçus, la fête transformée en long cauchemar. Une bande dessinée à mettre entre toutes les mains, des deux côtés de la Méditerranée, pour tous les âges.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rémi Yacine
Source : www.elwatan.com