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BABA MERZOUG ET LA CRISE DE L'EURO Cruelle Méditerranée



De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Bruxelles tient beaucoup de Baba Merzoug. Les deux contemplent, impuissants, l'usure du temps en attendant des jours meilleurs. Baba Merzoug, le retour vers Alger et Bruxelles la sortie de la crise de l'euro.
Du généreux et plein d'espoir Processus de Barcelone qui a enfanté les accords d'association entre les deux rives de la Méditerranée Nord, alors, repue, arrogante et sourde aux doléances de sa voisine du Sud, en retard de plusieurs révolutions industrielle, démocratique, technologique, et courant, désespérément, à la recherche du temps perdu, il ne reste plus rien. Ou presque rien. L'Europe du Nord, toujours elle, sans consulter les galeux, les malfrats du Sud change unilatéralement la donne. Elle invente, coup sur coup, deux nouveaux mécanismes. La nouvelle politique de voisinage et l'Union pour la Méditerranée. Cette dernière très vite rattrapée par un ajout allemand qui impose le mot composé UPM — de Barcelone. Berlin, à qui on peut tout reprocher sauf jouer avec les traités, a voulu rester dans l'esprit, au moins de la capitale catalane. Pourtant, les événements viendront tout emporter en mer d'Ulysse, de Guerrouabi, d'Al Capone, d'El Anka, d'Ibn Batouta, d'Ibn Khaldoun, de Rome, de Bysance et des Andalous, le printemps dit arabe qui vire à l'hiver fondamentaliste, salafiste en Egypte, pharisien, pernicieux nahdhiste en Tunisie, brumeux, sans doute désagréable à vivre en Egypte et au Yémen, a redistribué les cartes, et la houle s'annonce. Les dictateurs stabilisateurs de l'ordre nordique, Moubarak, Ben Ali, Gueddafi partis, Bruxelles ne sait pas, vraiment, opérer en pays mauresque. Comment transformer le radicalisme intégriste en mouvement musulman modéré d'inspiration à l'image de la Turquie. Ah la belle rigolade de l'islamisme modéré de l'AKP ' Comme si Erdogan, sans le legs kemalien, l'histoire républicaine d'Ankara et le rôle de garant de la laïcité joué par l'armée, ne céderait pas à sa base pour davantage de charia, davantage de foulards et davantage d'entorses aux lois civiles. Les soucis de l'Union européenne sont, pour le moment, autres. Au moment où s'effondrent les dynasties dictatoriales dans la rive Sud, tombaient, aussi, des Etats européens, membres de droit de l'Union européenne et, pour certains, de la zone euro. Grèce, Irlande, Portugal, Espagne. Demain peut-être d'autres. Sans doute d'autres. Et l'Italie, la 3e puissance économique de l'Union qui balance dans le tiers-monde. Ne reste dans l'oued, comme dirait l'Algérien que ses galets, et ne reste en Europe que quelques-uns, accrochés aux basques de l'Allemagne, arrimés à Berlin. Bruxelles évoque, déjà, en murmurant un nouveau gadget, une nouvelle trouvaille : la politique nouvelle de voisinage réformée. Ce n'est pas encore officiellement mis en orbite médiatique, mais, selon toute vraisemblance, l'UE s'organise pour lancer cette marque sur le marché. Qu'importe ! Dès lors que Bruxelles dorénavant vit assignée de toutes parts. Par les cancres en son sein, les fraudeurs grecs, les fainéants portugais, les tricheurs espagnols, les ingérables italiens — tous désargentés. Pour les nouveaux émergeants du Sud, qui sont-ils ' Que veulent-ils ' Pourquoi tardent- ils à organiser la transition ' Quelle transition ' D'où à où ' Processus de Barcelone, Union pour la Méditerranée, Politique de voisinage ou de voisinage réformée, les deux rives de la Méditerranée ne forment, dorénavant, qu'une seule entité. En crise (le Nord) et en mouvement indéfini (le Sud). Ils se ressemblent de plus en plus. Baba Merzoug, canon patriarche, douze tonnes de feu, tenait, à partir d'Alger, tous les ennemis en respect. De Brest où il a été délocalisé par la coloniale, il contemple, actuellement, le spectacle en Méditerranée. L'Algérie, dit-on, fait de son retour à l'amirauté d'Alger, une question d'honneur. Une affaire d'Etat. C'est une autre histoire. Baba Merzoug ressemble beaucoup à Bruxelles. Les deux contemplent l'usure du temps en attendant des jours meilleurs. Baba Merzoug, le retour vers Alger et Bruxelles la sortie de la crise de l'euro.
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