
On avait l'impression de remonter le temps. Les temps anciens mais combien précieux. Des périodes qui doivent être considérées comme des repères dans la personnalité algéroise en particulier et algérienne en général.Au départ, les journalistes dépêchés pour couvrir l'événement faisaient remarquer que le nombre des points à visiter était important (synonyme de fatigant). A la fin, ils étaient tous heureux comme s'ils venaient d'accomplir un devoir. Cette journée est à graver en lettres d'Or pour ceux qui l'ont réellement vécue. Il y avait de tout pour se vanter et dire que nous sommes heureux d'être citoyens et d'appartenir à cette ville et à ce pays. Notre histoire est plusieurs fois millénaire. Les vestiges le confirment avec force. Elle est pleine de moments forts et fastes et desquels on peut se targuer d'appartenir en tant que descendants de ceux qui les ont vécus et ceux qui les ont façonnés. Lors de la visite du Palais du dey, après avoir traversé une bonne partie de la citadelle en ruine ou en travaux, il fallait parfois baisser la tête pour passer sous l'enchevêtrement des madriers et autres poutres placées pour consolider ou maintenir des murs ou des plafonds qui risquaient de s'écrouler. Les membres de la délégation ministérielle, invités du wali d'Alger, ont été agréablement surpris par les explications de Monsieur Zekkar Abdelwahab directeur général de l'Office national de la gestion et de l'exploitation des biens culturels protégés. Si ce n'est la lecture des chiffres, chose nécessaire car l'argent reste le nerf de la guerre. Il a argumenté comme le reste des animateurs de la journée dans les différents points visités par la portée combien importante de l'histoire. En passant par l'occupant colonial français qui a transformé la citadelle en caserne, il désignera certains planchers ou les fers en H et des hourdis contemporains qui ont été introduits déformant ainsi le cachet culturel de l'architecture et la portée islamique de certaines parties de la citadelle. Il annoncera avec une sérénité propre aux hommes de décisions que des travaux seront engagés pour remettre de l'ordre et réinsuffler l'âme en cette partie de la citadelle qui fut agressée, ça ne sera que justice rétablie. A un certain niveau du Palais du dey, on s'aperçoit que la couche de chaux qui couvrait les piliers a été ôtée pour mettre au jour l'existence de rondins qui servent pour absorber les secousses sismiques. Cette technique est utilisée aujourd'hui par les constructeurs des pays à forte sismicité. Il annoncera avec beaucoup de fierté que les taux d'avancement ont bien évolué ces derniers temps et ils sont à 50% pour la réhabilitation du bâtiment de la mosquée et à 70% pour le hammam. Quant au Palais des aghas, il est fini à 100%, d'ailleurs c'est en cet endroit où a été projetée la présentation du programme. C'est en cet espace réservé exclusivement aux aghas que les beys et les deys étaient désignés par leurs paires. A la fin de la réhabilitation de la citadelle, les locaux connaîtront de nouvelles vocations qui auront un lien avec la culture et le tourisme. La casbah garde une certaine âme, elle s'exprime à travers les gestes de ses habitants. Ses enfants viennent de bénéficier d'une salle de lecture offerte par un mécène de la société civile. Son voisin lui emboîte le pas et met à disposition de la cité sa maison en tant que salle des fêtes. Des terrasses qui surplombent Alger, on peut encore voir une partie de la Place des martyrs. En compagnie des autorités, nous avions appris que les fouilles engagées dans cette zone après la découverte fortuite de ruines de la période rasgunienne des trésors, ont été mises à jour tout comme des bâtisses anciennes qui confirment que nos anciens étaient des gens civilisés et traitaient leurs affaires avec de l'argent. Il fut aussi découvert des pièces de monnaie ibérique, l'équivalent des devises actuelles. Des tombes individuelles et collectives ont été aussi mises à jour. Cette découverte fortuite et combien bénéfique vient d'être mise à profit pour qu'une station du métro d'Alger fera d'elle une halte culturelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali Harfouche
Source : www.lnr-dz.com