
Le film Certifiée Hallal, du réalisateur algérien Mahmoud Zemmouri, a été projeté, en avant-première nationale à la presse, mardi matin, à la salle Ibn Khaldoun à Alger en présence du réalisateur et du comédien Smaïn.Coproduit en 2014 par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), la société de production Antinea Audiovisuel et Fennec Productions France, avec le soutien du ministère de la Culture et le FDATIC, Certifiée Hallal est un beau film tant sur le plan technique que sur le plan de la distribution. Ce film - genre comédie - évoque sans ambages la thématique de la virginité. Cette comédie de 1 heure 25 minutes, bien ficelée, revient sur le mariage de deux jeunes filles.Kenza est une jeune beurette émancipée, ne se doutant pas un instant que son frère Cherif allait manigancer son mariage en Algérie via le net avec Attalah, un riche éleveur de poulets. Et pour cause, à l'occasion de la Journée des femmes issues de l'immigration, Kenza témoigne en sa qualité de membre de l'association Ni Poules Ni Soumises, en direct dans le JT d'une chaîne de télévision française de l'inégalité des sexes et de cette augmentation des certificats de virginité en France. Sultana, quant à elle, est promise à un berger de son patelin. Dans une course-poursuite des plus hilarantes, Kenza réussit à regagner le sol algérien dans un état second sur une chaise roulante.Elle est directement acheminée vers sa future maison, mais, au préalable... le cortège fait un petit détour du côté d'un mausolée. Arrivés sur les lieux, les convives découvrent un deuxième cortège nuptial. Les deux convois tournent en sens inverse autour du marabout, provoquant une pagaille des plus burlesques. Une des mariées est contrainte de quitter la voiture à cause d'un accident occasionné par un chauffeur éméché.Dès lors, les deux mariées voilées font l'objet d'une permutation spectaculaire. Alors que la fête bat son plein chez l'éleveur de poulets, le père de Sultana se rend compte de cette immense erreur d'acheminement des mariées. Si le mariage est tout de même consommé par erreur, Sultana se rebelle. Il n'est pas question pour elle d'être la énième femme d'un arriviste. Elle enfile le jean et le blouson de Kenza. Elle échafaude alors un plan des plus judicieux. Preuve en est, elle est déterminée à se servir du passeport français de Kenza pour quitter le pays. Elle s'enfuit de la maison, réussissant à se retrouver dans un bus la menant vers la capitale. Kenza, de son côté, refuse de suivre son frère - lequel éprouve des regrets -, mais décide de faire confiance au mari initial de Sultana. Ce dernier croit un instant à un amour possible avec cette beurette.La réalité prend très vite le dessus. Après avoir erré quelques heures dans la forêt, Kenza finit par se retrouver avec le berger dans le même bus que Sultana. Après quelques minutes d'hésitation, le couple réussit à se reformer et Kenza finit par retrouver sa liberté. Ce long métrage d'un humour décapant a été entièrement tourné, durant huit semaines, à Biskra où les traditions séculaires demeurent intactes. Certifiée Hallal reste un film riche en tableaux magnifiques de paysages. Autre point fort de ce film, le parfait jeu des comédiens chevronnés qui ont su retrouver l'infinie palette des humeurs et des sentiments pour ce petit duel entre grands adultes. Parmi ces comédiens, citons entre autres Hafsia Herzi, Mourad Zeguendi, Smaïn Fayrouze, Nadia Kounda, Abdelhamid Gouri, et Omar Taïri.Il est à noter qu'à l'issue de la projection de presse, le réalisateur Mahmoud Zemmouri a souligné que «si nous-mêmes créateurs nous n'arrivons pas à donner, un jour, un grand coup de pied dans cette fourmilière traditionnelle qui gêne certaines choses dans le domaine de la femme, c'est scandaleux.On est là pour donner des notions, mais pas pour changer les choses. Nous sommes là pour rendre ces choses-là plus maniables. Je m'intéresse beaucoup à ces sujets épineux que je traite avec beaucoup d'humour. C'est la meilleure façon de faire passer ce sujet.» Le réalisateur a également indiqué qu'à travers ce film, il voulait dénoncer cette hypocrisie qui n'a plus lieu d'exister. «Je suis né à Boufarik. Cette pratique existe toujours là-bas. C'est cela qui m'a inspiré dans mon film. C'est scandaleux. Cette tradition qui est, aujourd'hui, négative par rapport à l'évolution de la femme.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com