Alexandre Arcady aurait pu appeler son film : Ce que la raison doit au cœur (même si celui-ci a ses raisons que celle-ci ignore). Mais, pour son adaptation cinématographique du roman de Yasmina Khadra, le cinéaste français a gardé le titre choisi par l'écrivain algérien.
Le long métrage, Ce que le jour doit à la nuit, a été projeté hier (vendredi), en avant-première mondiale, à la salle El Mouggar à Alger. L'histoire commence en Algérie dans les années 1930. Younes Mahieddine, un garçon de 9 ans, est confié à son oncle pharmacien à Oran, bien «intégré» parce que marié à une femme d'origine européenne. La famille s'installe à Rio Salado pour fuir les tracas dus aux idées politiques de l'oncle. Younes devenu «Jonas», grandit dans cette petite ville de l'Oranie. La guerre éclate. Younes- Jonas est tiraillé entre ses différents devoirs. En outre, il n'a pas oublié le sermon d'enfance «amis pour toujours» partagé avec trois amis pieds-noirs. Mais surtout, il aime Emilie qui l'aime tout autant. Dans sa tête à lui, c'est une tempête d'émotions qui éclate. Mais au-delà des faits plus ou moins historiques, le film d'Alexandre Arcady déborde d'émotions. Emilie joue un morceau de musique au piano. Jonas cueille une rose rouge et la met dans ses affaires avant de sortir. Une vingtaine d'années plus tard, il entend le même morceau joué par la même fille. Imaginez que vous ratez le rendez-vous amoureux de votre vie. Vous passez quelques années plus tard à la même place publique et vous voyez à l'horloge qu'il est trois heures de l'après-midi, l'heure de votre rendez-vous raté. Jonas entre dans la bibliothèque et trouve Emilie assise sur une chaise (le temps s'arrête). Nous sommes en l'an 2010 en France. Younes se recueille sur la tombe d'Emilie Benyamin. Quelqu'un lui donne un colis. Il l'ouvre et trouve la rose rouge qu'il avait cueillie dans les années 1930, cachée dans les affaires de son unique amour. La mère d'Emilie a obtenu de Jonas- Younes le semon de ne pas avoir de relation amoureuse avec sa fille. Etant un homme à principe, il a décidé de respecter la volonté de la mère de la fille qu'il aime. Mais, personne ne veut être dans la situation où il a à choisir entre la mère, la justice et le devoir ! Alexandre Arcady est né le 17 mars 1947 à Alger. Parmi sa filmographie figurent Le coup de Sirocco (1979), Là-bas... mon pays (1999) et Comme les 5 doigts de la main(2010). Comme acteur, il a joué dans le film Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier, sorti en 1972. Alexandre Arcady est l'auteur du livre (autobiographie) Le petit Blond de la Casbahparu en 2003 aux éditions Plon.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kader B
Source : www.lesoirdalgerie.com