Alger

Avant-première de L'Héroïne à BéjaïaLe pari osé du réalisateur Cherif Aggoune



Avant-première de L'Héroïne à BéjaïaLe pari osé du réalisateur Cherif Aggoune
Avec quelle langue doit-on jouer dans le cinéma algérien ' L'arabe populaire. L'arabe classique. Le berbère et ses différentes variantes : le kabyle, le chaoui, le mozabite, etc. La question a été posée, samedi dernier, par le public cinéphile de Béjaïa auquel a été présenté en avant première le long métrage de Cherif Aggoune, L'Héroïne.On doit cette projection aux animateurs du Café Cinéma, à sa tête Hakim Abdelfettah, et à la maison de la Culture. Si la problématique s'est invitée au cinéma, la question s'est déjà posée pour le secteur socioprofessionnel et même à l'université ? un colloque international lui a été consacré ?, le premier long métrage de Cherif Aggoune a eu le mérite au moins de permettre cet échange alors que le sujet est bien évidemment l'?uvre cinématographique. Le réalisateur a eu le courage d'aborder une thématique dont les sciences sociales en Algérie viennent à peine de s'emparer : l'évolution de la société algérienne après plus d'une décennie de violence terroriste.Le film a eu le mérite aussi de replonger le spectateur dans l'horreur qu'a connue le pays de Ferhat Abbas et de Abderrahmane Farès, des massacres collectifs, l'enlèvement de jeunes filles et de jeunes femmes à leurs familles pour assouvir les instincts bestiaux d'une horde de sauvages, qui au nom de l'islam s'autorise tous les droits. Mais le film évoque également la résistance d'une famille, d'une femme, Houria, rôle interprété avec brio par Samia Méziane, et l'espoir incarné par les enfants, un bébé et deux garçonnets, sauvés par le courage de cette femme, qui prendra son destin en main. Les scènes étaient tellement poignantes, l'enlèvement de la jeune maman et de sa belle-s?ur, la mort avec dignité de deux frères et de leur mère, qu'on pouvait aisément imaginer et entendre les voix étranglées par les sanglots retenus. Mais après le drame, la vie continue. Les enfants ont grandi, le bébé sera une très jolie petite fille, Houria redevient autonome mais les souvenirs des quelques années vécues avec l'être cher sont là. Et quand elle est gagnée par le chagrin ? un chagrin pareil à un déchirement ?, elle ouvre l'album de photos. L'histoire du film se déroule à quelques kilomètres d'Alger. Achour, le mari, exploite une ferme avec ses deux frères Djelloul et Mourad. On est au milieu des années 1990, les terroristes armés s'en prennent de plus en plus aux villageois, et attaquent des fermes isolées. Achour meurt dans un attentat tendu aux forces de sécurité. Quelques semaines plus tard, la famille de Achour est décimée lors d'une attaque de la ferme. Sa femme Houria réussit à s'échapper et à sauver les enfants. Elle est recueillie à Alger par sa famille, mais des conflits ressurgissent. Si le décor du film est celui de la décennie noire, ce qui intéresse le plus Cherif Aggoune c'est la résilience ainsi que les conséquences de cette violence qui a déstructuré la société. Aussi, quand Houria sera à Alger chez ses parents, le réalisateur ne manquera pas de porter un regard critique sur le poids de l'argent placé au centre des relations humaines.Malheureusement, le film n'a pas été perçu tel que l'aurait souhaité Cherif Aggoune, objet de critiques, qu'il juge injustes. Comme il compte arriver à faire une trilogie sur la décennie noire, espérons qu'il réussisse à convaincre avec les deux prochains films.M. ONomAdresse email


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