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Aux origines de la crise, des choix politiques infructueux L'économie algérienne de 1830 à 2008 expliquée par Mohamed Sadeg et Nadir Krim



La stratégie nationale de l'Algérie de 1830 à 2008. C'est l'intitulé du dernier ouvrage du professeur Mohamed Sadeg, coécrit avec Nadir Krim sous la direction de Taieb Hafsi, professeur à l'Ecole des hautes études de Montréal.
Cet ouvrage est le fruit d'un long travail de collecte, de recherche et de structuration de données qui a permis la réalisation de cette étude.
Les auteurs de cette monographie proposent un texte qui a mis «le doigt sur les questions importantes qui aujourd'hui expliquent le cheminement, les réussites et les difficultés de l'Algérie», souligne Taieb Hafsi dans sa préface. En effet, les deux chercheurs reviennent, avec force détails, sur les grands choix qui ont marqué le pays, de la colonisation jusqu'au règne de l'actuel président Abdelaziz Bouteflika.
L'analyse de la démarche est subdivisée en deux parties, à savoir la formulation de la stratégie et sa mise en 'uvre. De manière chronologique, le livre s'intéresse à la période coloniale (1830-1962), en passant par celle de la transition (1962-1965), au socialisme algérien (1965-1979), et celle relative à la descente aux enfers des années 1990, jusqu'à la présidence de Abdelaziz Bouteflika.
Pour les deux universitaires, l'histoire du développement de l'Algérie «révèle un décalage entre les personnalités d'un pays, la volonté des hommes et les réalisations». «Les dirigeants algériens ont certainement rêvé d'un avenir meilleur pour leur pays, ils ont malheureusement oublié l'essentiel : les grandes idées sont sûrement nécessaires, mais elles ne se réalisent pas toutes seules», écrivent-ils dans la conclusion de l'ouvrage. La brève période d'Ahmed Ben Bella (1962-1965) fut «davantage nourrie de discours populistes que de réalisations» et «démontre le défi que peut poser l'indépendance politique d'un pays sans leadership et sans ressources organisationnelles». Celle de Houari Boumediène, qui s'étale de 1965 à 1978, coïncide avec l'exercice de la souveraineté sur les richesses et «les mesures de nationalisation effectuées ont permis d'asseoir les bases d'un financement du développement».
Ceci dit, le projet de développement d'«industrie industrialisante», selon les deux auteurs, «trop ambitieux pour un pays dépourvu de compétences humaines et de ressources organisationnelles, trop politisé dans sa mise en 'uvre, a plongé le pays dans la spirale de l'endettement extérieur et l'a installé dans une situation d'économie de rente». Dans le cas de Chadli Bendjedid (1979-1992), sa gestion caractérisée par ces «fausses solutions aux vrais problèmes dont souffre le pays a fini par exacerber les tensions politiques et sociales». La tentative de reformer les institutions s'était heurtée à la résistance farouche des partisans du statu quo. «Cette période montre que lorsque les hommes sont confrontés à l'inertie des structures, ils se retournent les uns contre les autres et finissent par tout détruire. C'est alors qu'a commencé la descente aux enfers au début des années 1990'», expliquent MM Sadeg et Krim.
La dernière période analysée sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, arrivé au pouvoir en 1999, apparaît, d'après ces deux chercheurs, «comme un remake de la période Boumediène par ses investissements massifs et sa gestion autoritaire» et «se différencie de la période des années 1970 par son libéralisme débridé et par une expansion dangereuse de la corruption à tous les échelons des services publics». Leur constat est sans appel : l'actuel Président «n'a pas réussi à faire découvrir l'essentiel à ses concitoyens : des institutions crédibles». Le docteur Sadeg Mohamed est PhD en management de l'université de Leeds (Grande-Bretagne). Il est actuellement professeur à l'Ecole supérieure de commerce. Nadir Krim est docteur en stratégie de communication à l'université de Paris-Dauphine et chercheur associé à la chaire de mangement stratégique international à HEC Montréal.
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