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Autour du deuil et de la reconstruction de soi



Autour du deuil et de la reconstruction de soi
kLe long métrage de fiction «Histoires sans ailes», un film chorale sur le thème du deuil et de la reconstruction de soi du réalisateur Amar Tribeche, a été projeté à la presse mardi à Alger.Sur un scénario de l'actrice algérienne Adila Bendimerad, le cinéaste superpose en 101 minutes, les histoires d'individus dont le point commun est d'avoir perdu un être cher (parents, épouse, fils) dans le même crash d'avion. Une tragédie aérienne qui va révéler de lourds secrets familiaux. Le spectateur navigue ainsi entre Sarah (Adila Bendimerad), fille d'un riche industriel dont elle découvre l'existence d'une seconde épouse, de Youssef «Riposte» (Mohamed Remas), un caricaturiste de presse qui va partir sur les traces du premier amour de sa défunte mère, Adel (Mustapha Laribi), un ingénieur veuf d'une hôtesse de l'air atteinte d'une maladie rare et d'un père (Ammar Marouf) endeuillé par la perte de son fils et acculé à la vente de la maison familiale.Avec une réalisation très proche des codes de la télévision, notamment à travers la profusion des dialogues filmés en intérieur, le cinéaste déroule les étapes du deuil chez ses personnages (déni, colère, culpabilité et résilience), en axant son propos sur les bouleversements induits par les secrets des morts et leur poids dans la reconstruction de soi chez les vivants. Sans autre lien entre elles que le crash d'avion, ces quatre histoires s'avèrent inégales en termes d'intensité et de capacité à susciter l'empathie chez le spectateur.Ce déséquilibre dans le rythme du film est accentué par les prestations contrastées des principaux acteurs. Le spectateur sera par exemple plus accroché à l'histoire de Sarah- jeune fille de caractère devenue responsable de sa jeune soeur et de sa mère atteinte de folie- un personnage féminin à la fois agressif et fragile interprété avec justesse, ou encore à celle de Youssef dont la rencontre avec le premier amour de sa mère, un architecte campé par Ahmed Benaïssa, va lui permettre de se réconcilier avec lui-même.Cette progression en dents de scie du film, qui oscille entre moments cinématographiques subtils et scènes de feuilletons télé peu convaincantes, se trouve par ailleurs accentuée par la bande son du film, jugée «inappropriée» «trop présente» par des journalistes à la salle Algéria où le film a été présenté. Des spectateurs ont toute fois relevé un lien entre le thème du film et la violence terroriste de la décennie 1990, y voyant une métaphore sur le deuil après de ces années douloureuses pour les Algériens.Cette lecture du propos de ce film, éloigné des thématiques sociales ou historiques présentes dans la majorité des films algériens récents, a été agréée par le réalisateur lui même au cours du débat qui a suivi la projection. Produit par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et la société privée Rissala production, «Histoires sans ailes» a été tourné en 2009.Ce retard de sept pour présenter le film est justifié par le réalisateur par l'absence de laboratoire, en Algérie, pour réaliser le film en copie 35mm et qui a obligé l'équipe à boucler la production au Maroc, affirme-t-il. Amar Tribeche est connu pour être un réalisateur de feuilletons et de téléfilms dont «Imara'atan» (Deux femmes) avec l'inénarrable Athmane Ariouet.
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