
Cette initiative, qui s'installe désormais comme une tradition du Sila, s'adresse, particulièrement, mais non exclusivement, aux universitaires et étudiants qui constituent un des publics les plus attachés à la manifestation, autant par ses besoins importants de lecture que son intérêt actif pour le programme d'animation culturelle du Salon. Comme l'an dernier, mais sous un angle différent, ce sera l'Afrique qui constitue le domaine de réflexion de cette rencontre. Le colloque a été structuré en cinq séquences réparties sur deux jours. La première est consacrée à un état des lieux de l'Afrique envisagée du point de vue des langues et des cultures et de leurs rapports à la mondialisation ou à leurs représentations dans « la langue de l'Autre », avec une focale sur l'Afrique du Sud postapartheid. Deux autres séquences sont consacrées à l'Afrique dans l'Antiquité, ses représentations durant cette période, autant à partir de l'Empire romain que du monde pharaonique. Cette partie du programme vise à s'intéresser par exemple à l'identité africaine des écrivains de l'Afrique romaine, à la diaspora africaine en Inde de l'Antiquité à nos jours ou encore au théâtre de Kateb Yacine, d'Eschyle à Brecht. Le second jour du colloque a consacré deux de ses séquences à l'Afrique dans la littérature postcoloniale, une autre à l'Afrique dans les arts et enfin une dernière à l'Afrique dans les Amériques où il sera notamment question de l'écrivaine américaine Toni Morrison et de ses inspirations africaines. Cet intérêt pour le continent se justifie de plusieurs manières. Il correspond à l'ambition du Sila de se positionner particulièrement à l'échelle du monde arabe, de l'Afrique et de la Méditerranée en tant que rassemblement éditorial, culturel et scientifique de référence. Une ambition réalisée en partie, puisqu'il est devenu l'un des salons du livre les plus importants de ces parties du monde, ne serait-ce que par la participation élevée des exposants et la fréquentation du public. Il correspond également au désir de proposer, en Afrique même, un regard des Africains sur leur continent et ce, sans se fermer, bien au contraire, sur les apports exogènes et, surtout, sans lésiner sur le caractère rigoureux des contributions et leur nécessaire haut niveau. Il correspond enfin à l'objectif de mettre en avant l'extraordinaire dynamique du continent dont les changements ne sont pas suffisamment perçus dans le monde, mais aussi en son propre sein, et qu'une vision médiatique réduit souvent à des évènements déplorables présentés sans recul ni hauteur de vue. Cet effort de considération, d'examen et de discussion des mouvements de fond qui animent l'Afrique, aux plans économique, politique, sociétal et culturel, est donc le motif essentiel du Colloque international proposé par le Sila, ceci en plus de l'espace « Esprit Panaf » que la manifestation propose régulièrement depuis 2009, année du 2e festival culturel panafricain d'Alger et lequel s'attache notamment à promouvoir les expressions littéraires du continent. Pour cette édition, le colloque international porte son attention sur l'Afrique à travers ses littératures et ses arts. L'angle d'approche retenu s'efforce de montrer que les expressions culturelles du continent sont un excellent moyen de découvrir et de définir les mouvements internes du continent, ses contradictions, ses tendances et ses facteurs d'avancée. Les écrivains et artistes africains, depuis les temps les plus reculés à nos jours, ont été des témoins précieux de leurs temps et,w souvent même, de par leurs engagements nationalistes, politiques et éthiques, des acteurs sinon des modèles de leurs sociétés d'appartenance et, parfois, de l'ensemble du continent. La posture emblématique du griot, complètement immergé dans sa communauté et à l'inverse de l'image du créateur enfermé dans sa tour d'ivoire, pourrait illustrer cette forte liaison entre l''uvre, son auteur et son milieu. On peut retenir aussi que l'approche choisie autorise une indéniable précision de l'analyse en mesure de refléter la grande diversité socioculturelle de l'Afrique. En effet, l'attachement des créateurs à leurs communautés, peuples et pays, se traduit par un rendu particulièrement pointu de spécificités qu'ils décrivent à l'échelle du quotidien et à hauteur d'homme. Et il s'agit là autant des spécificités du réel que de celles des imaginaires arrimés à des mythes et des patrimoines oraux ou picturaux. Les littératures et les arts du continent africain sont donc bien des domaines privilégiés d'observation de ses particularités et de la panoplie extraordinairement riche de ses peuples.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Sidhoum
Source : www.horizons-dz.com