L'opération de résorption des marchés informels, lancée après le mois de Ramadhan, n'est pas une «opération coup-de-poing», explique le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, à l'ouverture, de la rencontre qui l'a réuni, samedi 22 septembre, à Alger, ave les walis. Le ministre a ajouté que la résorption du commerce informel «n'est pas conjoncturelle» mais bien une «action continue» qui s'étalera dans le temps. Et, détail important, Ould Kablia souligne qu'il existe deux catégories «d'intervenants» qui exercent dans le marché informel. Il s'agit, dit-il, de jeunes qui sont dans le besoin et de commerçants qui ont fermé leurs boutiques, ou même disposant d'un magasin en activité, et installé des tables sur les trottoirs et dans les lieux publics. Le ministre plaide, par ailleurs, pour des «espaces maîtrisables» pour la résorption de ces marchés à travers tout le pays. Ce qu'il omet de signaler c'est qu'il n'y a pas que ces deux catégories là. L'informel est un problème beaucoup plus complexe que celui de ces simples trabendistes exerçant au su et au vu de tous. Les sphères parasitaires réelles sont plus importantes et ailleurs qu'au niveau de ces simples vendeurs à la sauvette que le gouvernement tente aujourd'hui d'éradiquer. Les «petits» vendeurs à la sauvette, le maillon faible dans cette chaîne hideuse de l'informel, qui ont vu leurs commerces balayés par de gros engins, dans certains quartiers, souhaitent que l'Etat soit aussi juste que possible. Et, pendant que le gouvernement essaye de faire avancer son plan d'assainissement des marchés, de gros bonnets évoluent à la lisière de la loi, dans l'économie souterraine. Ils ne sont pas inquiétés. Pas pour longtemps ' C'est cette catégorie qui alimente, en fait, l'informel. Et pas seulement en produits importés, contrefaits. Cette catégorie a créé de véritables zones de non-droit, faisant perdre des sommes astronomiques au Trésor public, mettant en difficulté des entreprises publiques et privées, censées approvisionner le marché domestique en produits fabriqués localement. Mises à mal et fragilisées, ces entreprises n'ont eu cesse d'interpeler les gouvernements successifs à réorganiser le marché intérieur. Des organisations patronales ont également invité les pouvoirs publics à assainir ces marchés évoluant au noir, nuisibles à l'économie nationale.
Y. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Salami
Source : www.latribune-online.com