Alger - A la une

«Aucune menace sérieuse ne plane sur l'Algérie»



L'analyste en questions géopolitiques prévient en revanche, qu'en ce qui concerne la Tunisie, le danger n'est effectivement pas loin.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Bien que les négociations de paix en Libye se multiplient, le pays ne cesse de s'enliser dans une crise aiguë. Plus les semaines passent et plus l'avenir de cette région devient incertain. Toutefois, cette instabilité devenue chronique, risque-t-elle de se propager sous peu, vers d'autres pays ' Plus important encore, dans l'extrême cas de figure où Tripoli tombe, quel sera le sort de nos frontières ' A ces questions récursives qui rythment l'actualité, Mhand Berkouk, analyste et expert en questions géopolitiques, tient d'emblée à rassurer que l'Algérie n'est pas sujette à de sérieux risques ayant trait à cette crise. «Il n'y a pas de grand risque de contagion», a-t-il assuré hier, sur les ondes de la radio nationale, chaine 3.
S'étalant là-dessus, il a énuméré les atouts de l'armée algérienne, forte, dit-il «de sa composante humaine et de son caractère efficace sur le plan de la défense». Il souligne encore le fait que les algériens refusent à l'unisson «un retour à la décennie noire». L'expert en géopolitique prévient en revanche, qu'en ce qui concerne la Tunisie, le danger n'est effectivement pas loin. Selon lui, certains facteurs exposent ce pays à un risque majeur.
Il évoquera dans ce sens, le «nombre de Tunisiens enrôlés dans diverses organisations terroristes telles que l'Etat islamique», qui prolifèrent particulièrement en Libye depuis des années. Cela peut entraîner, d'après l'intervenant, un forcing du portail sécuritaire tunisien. Outre le fait, signale-t-il, d'une «armée tunisienne en manque d'expérience».
Par ailleurs, Mhand Berkouk fera savoir que les conséquences d'un éventuel embrasement de Tripoli, se feront ressentir encore plus dans la région du Sahel, qui est en proie à des «turbulences» depuis novembre 2012.
Parlant des risques qu'engendrerait l'embrasement de la Libye, Mhand Berkouk n'exclut pas la probabilité que naisse «un mouvement de réfugiés libyens, sans précédent, qui toucherait et la Tunisie et l'Algérie».
Poursuivant sur cette ligne, ce dernier considère que le plus à craindre dans ce scénario catastrophe, est que «la Libye devienne une sorte d'incubateur favorisant une nouvelle forme de terrorisme mondial». Il rappelle, à ce titre, que depuis les événements de 2011, cette région est devenue le terrain propice aux différents groupes terroristes syriens, libyens et autres?
Mhand Berkouk dit par conséquent y voir un terrorisme transnational qui risque «d'être exploité à des fins de légitimation d'actions étrangères dans ce pays». Faisant un bref état des lieux de la situation qui prévaut en ce même lieu, l'invité de la radio précise que la Libye fait face à trois types de crise. D'abord un problème réside dans la difficulté de construire une identité nationale c'est-à-dire «avoir une vision commune du type d'Etat à mettre en place ». Problème, explique-t-il, qui provient des divergences entre deux pôles principaux. En second, Mhand Berkouk évoque «une crise de loyauté» envers des alliances utilitaires avec des puissances étrangères.
Enfin, il fait état d'une totale absence d'institutions sécuritaires en terre libyenne. A propos de l'ingérence étrangère dans cette crise, Mhand Berkouk a estimé que le danger est là, soulignant que nous sommes face à une concurrence sans pitié de diverses puissances, dont la France, les Etats-Unis, la Russie. Mais pas que, relève-t-il en citant la Turquie, laquelle essaie selon lui d'«exercer sa volonté d'un redéploiement stratégique» faisant allusion à ses incursions en Syrie.
En ce qui concerne l'Algérie, celui-ci assure qu'elle maintient sa position liée à sa volonté de remédier à cette crise de façon pacifique évitant ainsi toute intrusion.
M. Z.
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