- La nature du sol est-elle incompatible avec un projet de l'envergure de la Grande Mosquée d'Alger ' Le choix du terrain est-il judicieux ' Existe-il un quelconque danger compte tenu de la sismicité de la côte algérienne '
Il existe des prouesses techniques. On peut même réaliser même un ouvrage sur la mer. On ne pourrait pas dire qu'il y a danger étant donné qu'on réalise des calculs et des recherches. Quelle que soit la nature du sol, la solution existe. Le problème ne se pose pas en ces termes. Le problème est que des personnes qui ne sont pas du domaine parlent au nom des experts.
- Les spécialistes algériens ont-ils été associés à ce gigantesque projet '
Lors de l'inauguration et du coulage des fondements du projet, il y avait le ministre des Affaires religieuses, l'ambassadeur de Chine en Algérie, le vice-président directeur général de l'entreprise et le directeur de l'ouvrage. Mais, il n'y avait pas de représentants de l'Ordre des architectes, du Collège national des experts-architectes et de l'Union nationale des ingénieurs du génie civil. Pourtant, le protocole stipule qu'ils devaient être présents. En 2004, la Grande Mosquée de Rome a été inaugurée par l'architecte Paolo Portoghesi. C'est l'architecte qui a fait appel à la présidence de la République italienne pour assister à l'inauguration. En Algérie, malheureusement, l'échelle des valeurs est inversée. Je dois rappeler que l'Algérie a engagé un portefeuille financier énorme pour la réalisation d'écoles d'urbanisme et d'architecture. En fin de compte, elles ne sont pas conviées à des projets de souveraineté. Puisqu'on ne fait pas confiance aux experts algériens, autant ne pas réaliser d'écoles de formation. Nous ne sommes pas contre la Grande Mosquée. Tout projet est le bienvenu. Mais, jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons pas vu la maquette de ce projet. Aucun expert ou architecte n'a participé à ce projet. Même le choix du sol a été fait en l'absence de techniciens algériens.
- Le ministre des Affaires religieuses a déclaré récemment que l'Algérie a fait appel à des experts étrangers originaires de pays à forte activité sismique, notamment le Japon et les USA'
Les Japonais et les Américains ont une grande expérience dans ce domaine, on n'en disconvient pas ! A ma connaissance, l'Algérie a aussi des laboratoires.
Même s'ils n'ont pas la technologie nécessaire, ils auraient dû être présents aux côtés de ces experts de renom pour qu'il y ait un échange, un partenariat. Lors de séismes de Chlef et de Boumerdès, des experts étrangers étaient présents avec leurs homologues algériens. Nous avions même émis, à l'époque, des recommandations applaudies par les experts étrangers.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine Lamriben
Source : www.elwatan.com