Alger - A la une

Au sujet de...



Au sujet de...
Rédiger une chronique n'est pas si sorcier quand on a l'habitude professionnelle d'écrire. Non, le problème est de trouver un sujet, au minimum intéressant, au maximum passionnant.Un sujet qui puisse attirer et apporter quelque chose, quelque part entre l'information et l'esprit. Parfois, jusqu'à la dernière minute, c'est le désert. L'angoisse, seulement consolée par une pensée admirative envers les confrères qui tiennent des chroniques quotidiennes.Cette semaine pourtant, les sujets se bousculaient en une honorable cohue. J'ai pensé à parler de la gratuité des manifestations culturelles au moment où l'on peine à financer ces dernières. J'ai pensé aussi à parler de la prochaine révolution technique, la «papeterie du futur», avec des feuilles de papier ou des emballages porteurs d'information virtuelle et même d'énergie électrique. J'ai pensé encore à des notes prises sur Ibn Badis et son encouragement du théâtre, de la poésie et de la musique.Et il y en avait d'autres, plus ou moins comestibles intellectuellement.Mais tous ces sujets se sont enfuis devant la fuite des sujets au baccalauréat. Comme disent nos jeunes, «mon cerveau s'est arrêté». Cela a réveillé ma ringarde méfiance des prétendus réseaux sociaux où, peut-être à tort, il me semble circuler plus de mal et de malveillance que de bien et de beau. Il est sûr que la fraude n'est pas liée à ces technologies.Du temps de mon bac, il existait les «antisèches», petits bouts de papier, genre hrouz, avec des cours entiers miniaturisés (ils doivent exister encore). Je me souviens d'une voisine du bac qui avait réussi à couvrir l'intérieur de sa trousse d'une infinité de formules, définitions, etc.Et elle avait une trousse pour chaque matière ! Mais elle n'avait pas eu le bac car, à l'époque, on notait le raisonnement, l'analyse et la capacité d'expression et de démonstration. Toutes choses qui ont disparu depuis des décennies au profit du parc?urisme (mais que vient faire le c?ur dans ce mot ') et de l'abrutissement de générations entières d'enfants, interdits d'observation, de réflexion et d'imagination, et devenus parents aujourd'hui.C'est dans cette conception du savoir que se situe le problème et non dans la fuite des sujets.Un jour, mon fils, terrorisé par son prof d'histoire, peinait sur les débuts de la Régence d'Alger. Je lui ai alors expliqué pourquoi et comment Kheireddine dit Barberousse était arrivé chez nous.Savez-vous ce qu'il m'a dit quand je lui ai demandé s'il avait compris ' Mais, père, il ne faut pas comprendre mais apprendre ! Ce jour-là, j'ai mesuré combien notre école était gangrenée, affaiblissant la Nation dans sa moelle. Et, maintenant que les choses commencent à changer, il est sûr que cela dérange des gens qui ne réalisent pas que dans la férocité de la compétition mondiale, ils seront emportés comme des fétus de paille dans une crue d'oued. Ce qui m'ennuie, c'est que nous serions alors avec eux.
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