Alger - A la une

Au nom de la compétitivité



Une vue de la rencontre
Bien avant le début de la crise induite par la chute des cours du pétrole, il apparaissait clairement que la plupart des collectivités avaient du mal à assumer ne serait-ce qu'une partie de leurs missions traditionnelles, comme la voirie, l'entretien des espaces verts et autres tâches...
S'il y a un motif de satisfaction que les citoyens sont unanimes à reconnaître, dans la gestion des collectivités territoriales, c'est bien l'avancée enregistrée en matière de délivrance des documents administratifs d'état civil tels que le passeport, la carte d'identité, le permis de conduire et la carte grise, jusque-là établis par les daïras. Le programme de décentralisation mis en oeuvre fin 2016 à titre expérimental dans la wilaya d'Alger puis étendu à l'ensemble des communes du territoire national aura incontestablement permis d'en finir avec certaines lourdeurs bureaucratiques avec pour corollaire une nette amélioration des prestations. Initiée au titre de la réforme de l'administration, cette stratégie s'inscrit en fait dans un cadre plus global qui vise à la modernisation aussi bien des services que de la gestion tout entière de la commune.
Bien avant le début de la crise induite par la chute des cours du pétrole, il apparaissait clairement que la plupart des collectivités avaient du mal à assumer ne serait-ce qu'une partie de leurs missions traditionnelles, comme la voirie, l'entretien des espaces verts et autres tâches, les activités socio-culturelles etc. Pour beaucoup, la question découlait du niveau de formation des élus, mais l'explication n'en était pas pour autant insuffisante. L'argument des membres des APC-APW renvoyait systématiquement à la nature des ressources financières dont sont tributaires ces instances de base de l'Etat, confrontées au premier chef à l'impact de l'urbanisation sauvage et du déplacement massif de populations. Il n'importe, les plus hautes instances de l'Etat ont ainsi pris conscience de la nécessité d'adapter aussi bien le contexte juridico-économique que les méthodes de travail des collectivités afin de leur permettre d'être à la hauteur des enjeux territoriaux. Ainsi, est-il apparu fin 2016 que l'Etat n'a plus vocation à transférer des budgets plus ou moins conséquents et que l'heure est venue pour les communes de penser leurs propres sources de financement ainsi qu'une rationalisation effective de leurs dépenses dont on a bien vu durant les décennies écoulées qu'elles ont une forte tendance aux excès.
C'était bien plus qu'une mutation, une véritable transformation des 1541 communes que compte le pays en autant d'entreprises dont le dynamisme seul pourra assurer la pérennité. Un pari risqué' Sans doute, si l'on prend en compte la dimension humaine. Si, dans d'autres pays, les communes peuvent varier de la plus petite localité de moins de mille habitants aux grosses bourgades, en Algérie la tendance est en général aux collectivités de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, avec la somme conséquente d'exigences et de contraintes dans différents domaines. Autant dire que la première de ces exigences concerne la mise en place de services bien structurés, dirigés par des personnes compétentes et si possible même expérimentées. Or, là où le bât blesse, trop longtemps les édiles ont émergé au gré des élections pour parer au plus pressé, si l'on peut dire, de sorte que les collectivités locales ont pâti tout à la fois d'un manque flagrant de savoir-faire et d'un engagement militant à la lisière des véritables attentes citoyennes.
Ce fut l'une des raisons qui ont conduit à la situation dans laquelle se sont encrassées ces mairies caractérisées par l'apathie et le laisser-aller quand elles ne se sont pas mises en évidence par les atteintes flagrantes aux biens mobiliers et immobiliers de la collectivité. La prédation a été telle, qu'aujourd'hui encore, une suspicion légitime persiste au sein des populations qui considèrent, non sans raison, que la candidature est souvent motivée par des appétits et des moyens qui ne laissent aucune place à l'engagement citoyen réel. Les exemples abondent, d'est en ouest, auxquels s'ajoutent d'autres paramètres qui font que les élus ont pour la plupart la peu enviable position entre le marteau et l'enclume. Le marteau des administrés et l'enclume de l'autorité qu'incarnent, selon des attendus différents pour ne pas dire divergents le chef de daïra et le responsable du parti dont sont issus les édiles à l'échelle de la wilaya. A ce titre, on comprend le message que vient encore d'adresser le ministre de l'Intérieur, Nour-Eddine Bedoui, en appelant les 1541 maires à «ouvrir leur coeur en même temps que leur bureau» aux administrés. Un vrai défi pour un certain nombre d'entre eux qui considèrent leur (ré)élection comme le fruit de leur investissement sonnant et trébuchant et n'ont donc pas d'autre ambition que celle de fructifier au maximum le mandat obtenu. Mais pour le plus grand nombre, faut-il l'espérer, le respect du Code communal ainsi que le souci d'être à la hauteur des attentes de la population commandent que les actions sociales, économiques et culturelles soient désormais appréhendées en fonction des normes modernes de gestion et de planification. Parmi les signes révélateurs de cette métamorphose, il y aura nécessairement le visage nouveau de la commune, c'est-à-dire sa propreté, son attractivité, son dynamisme et ces critères pourront même servir bientôt d'aiguillon pour une saine rivalité entre l'ensemble des communes d'une seule et même wilaya, puis, pourquoi pas, entre les wilayas elles-mêmes. A partir de là, l'ère de l'assistanat aura réellement pris fin...
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)