
A Semmar où se concentrent les grossistes de l'alimentation générale qui livrent pour le tout-Alger, des bouchons monstres se sont constitués tout au long du quartier qui ressemble plutèt à un marécage.Les routes n'étant pas bitumées à Semmar, elles sont boueuses en hiver et poussiéreuses en été. De la gadoue partout, témoignant des averses tombées dimanche dernier et accentuant le calvaire des camionneurs venus s'y approvisionner hier. Beaucoup n'y ayant pu accéder la veille, à cause des émeutes déclenchées à Baraki, bloquant un important axe routier reliant cette circonscription à la rocade sud..Un calme précaire régnait justement dans cette banlieue sud-est d'Alger, au lendemain d'une émeute qui a mobilisé les habitants des bidonvilles de la commune. Une dizaine de familles habitant ces baraquements attendent le recasement depuis l'annonce du wali d'Alger de reloger tout le monde avant la fin de l'année en cours. Les pluies torrentielles de dimanche dernier ont, en effet, provoqué de graves dégâts dans leurs taudis.Submergés de toutes parts par les eaux diluviennes, la plupart des baraquements se trouvent à proximité des cours d'eau, les habitants ont passé la nuit de dimanche à lundi, dehors, sous la pluie.Ceux de Haouch Biga2 ont vu la conduite principale des eaux usées qui traverse leur bidonville éclater et déverser sa fange à l'intérieur de leurs logis. C'est la route jouxtant ce haouch flanqué de l'unité de la Protection civile de Baraki, d'une pompe à essence et d'un transformateur de Sonelgaz qui a été obstruée avant-hier par les émeutiers. Ces derniers ont brûlé des pneus et usé d'amas de pierres et de troncs d'arbres pour couper la circulation sur cette route reliant Semmar à Bentalha. La police antiémeute n'a pas lésiné sur les moyens pour les disperser. A la matraque et au gaz lacrymogène.La grogne des riverains ne s'est néanmoins pas estompée. Le dispositif déployé par les autorités publiques n'a pas été levé. Hier, les policiers étaient toujours sur le qui-vive. Des familles entières (femmes, enfants”?) ont continué de manifester, se rassemblant à la sortie de Haouch Biga2, sur une piste boueuse. Quadrillés par la police La qui les a empêchés de bloquer de nouveau la route, les manifestants abordés sur place n'ont pas manqué d'exprimer leur ras-le-bol, crachant leur misère dans ce bidonville où ils cohabitent avec les rats.D'abord le président de comité du «quartier», un quinquagénaire qui répond au prénom de «Ammi Aïssa», outré par le refus du maire et du wali délégué de le recevoir. «Aucun responsable n'a daigné nous recevoir ce matin (hier, Ndlr) en dépit des promesses de l'officier de police à la tête de la force mobilisée pour rouvrir la route qui, pourtant, nous a promis de nous organiser une entrevue avec les autorités locales pour leur exposer nos problèmes. Je me suis déplacé avec cinq de mes voisins dont une femme et nous sommes rentrés bredouilles», a-t-il indiqué.Aucun fonctionnaire ou un élu n'est allé sur les lieux pour au moins les écouter. «C'est du mépris !», assène-t-on. Tout laisse croire ainsi qu'il y aura des soubresauts si le problème n'est pas résolu. «Il y a plus de 1 000 logements achevés à Bentalha et la wilaya y case les habitants des baraquements des hauteurs d'Alger, d'autres communes, alors que nous, habitants de Baraki, nous continuons à endurer le pire ici, à quelques encablures de cette nouvelle cité», peste une femme, la quarantaine, avec un bébé dans les bras. «On en a marre des promesses !», crie une autre, au milieu de jeunes cagoulés prêts à un autre affrontement.Au siège de la commune, il n'y avait aucun élu en mesure de répondre à nos questions. Le P/APC au congrès du RND. Son vice-président chargé du sport n'était pas vraiment branché. «Honnêtement je ne suis pas au courant. Je m'occupe du sport. Mais je crois entendre parler d'un relogement au mois de juin prochain», lâche-t-il, dubitatif”?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com