
[email protected] /* */C'est le festival Racont'Arts qui en est à sa douzième édition qui nous a conduits au village de Iguersafène, 25 km de la ville d'Azazga. Une route principale à l'asphalte propre, net, au point où certains gamins se sont offert le luxe de se déchausser pour sentir sous leurs pieds ce goudron nickel qu'ils n'ont jamais senti auparavant. C'est vrai, j'ai failli oublier de rappeler qu'Iguersafène avait été élu village le plus propre de la région. Pour ceux qui débarquent de la capitale et d'autres grandes villes, et qui le découvrent pour la première fois, l'émerveillement est de taille. Adem, épaté, le compare à cette agglomération de jeux modèle réduit qu'il a connu lors de son voyage à Dubaà?. Un village conçu pour les adolescents où tout est parfait : rues tracées, magasins propres, un petit village pour eux, où, l'espace d'un jour, autonomes,sans leurs parents, ils vivent comme les grands, choisissent le métier de leurs rêves et l'exercent. La route principale du village qui monte nous révèle de chaque côté des petites venelles où apparaissent cachées, loin de l'ambiance festive du festival, des maisons modernes, aux toits de tuile rouge cètoyant les vieilles maisonnées de pierre. La propreté nous interpelle alors, nous les citoyens modernes qui croulons sous nos ordures et étouffons par les odeurs nauséabondes. Il fait chaud, mais on ne suffoque pas, on ne colle pas. Très tôt le matin, les femmes sont déjà à pied d'œuvre. Sur le pas de leur porte, elles nettoient, rafraîchissent mais ne laissent aucune trace, sauf ces senteurs venues de la terre qui embaument l'air. Des fontaines qui en fait sont des points de rencontre, et pourquoi pas de rendezvous, ont été conçues par les gens du village.De la mosaïque, de la pierre, de la faïence, tout est beau, bien agencé pour que le visiteur et le villageois puissent s'abreuver, se rafraîchir et s'approvisionner. C'est aussi un lieu où on se repose avant de poursuivre son chemin. Comment ce village où vivent plus de 4 000 âmes arrive-t-il à préserver sa propreté ' Mais il n'y a pas de mystère quand on sait que tous comptent sur eux-mêmes. Autonome, fondé sur l'esprit de tadjmaât, que d'ailleurs Raconte-Arts a réinventé, le village fonctionne en toute autonomie. La solidarité, l'entraide, ce sont les deux forces des villageois. Il suffit d'y faire un tour pour le constater. En parlant de propreté, donc d'absence d'immondices, nous avons remarqué lors de notre passage que le ramassage des détritus se faisait à des heures régulières que tous les habitants sont tenus de respecter. Tèt le matin, le camion sillonne la rue principale. Comme par magie, il ne dégage aucune mauvaise odeur. Nous apercevons des hommes, des femmes, des vieilles, des sacs en plastique à la main, bien noués, où rien ne transparaît à telle enseigne que nous avons cru qu'ils sortaient de chez l'épicier ou du marchand de légumes, se dirigeant vers la benne pour y déposer leurs sachets. Les autres attendent tranquillement leur tour. Le camion, nous dit-on, c'est une acquisition des cotisations des villageois. «Même nos émigrés mettent la main à la pâte. Et pas uniquement pour ce genre d'achats. Fête, décès, tout le monde participe aux frais. Nous nous prenons en charge sans attendre l'aide de l'Etat. Le comité de village, c'est lui qui nous dirige. Des amendes sont versées par les contrevenants. La solidarité, c'est notre force. L'argent ce n'est pas tout. Il y a surtout l'esprit. Par exemple si certains villageois ne cotisent pas pour une raison ou une autre, eh bien ils offrent leurs bras; l'essentiel c'est cette entr'aide que nous voulons préserver et perpétuer», nous dira un sage. L'esprit de solidarité et d'autonomie, il est là , nous avons envie de dire qu'il est visible. Toutes ces meïdas placées à l'ombre des figuiers, garnies de toutes sortes de succulents gâteaux du terroir, de pains, café, lait et boissons que des familles se sont proposées d'offrir à leurs hôtes pour le petit-déjeuner en sont la preuve. Villageois d'autres contrées, citadins, prenez-en de la graine !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naé Ì„ma Yachir
Source : www.lesoirdalgerie.com