Alger - A la une

ATTITUDES



ATTITUDES
naiyach@yahoo.frIl fait moins deux degrés, les montagnes sont recouvertes d'un manteau blanc. Rues et trottoirs sont enveloppés d'une épaisse couche de neige. Les automobilistes circulent au ralenti. Le brouillard est à couper au couteau. La visibilité est presque nulle en cette soirée de veille de fin d'année. Des voitures, des bus sont carrément enfoncés dans la poudreuse. Des engins, des tracteurs, des véhicules de la Protection civile, de la gendarmerie sont là pour venir en aide aux personnes prises au piège.Le conducteur du bus qui a pris le départ de Tébessa vers Alger hésite. Il arrive à Aïn Fakroun (Oum-El-Bouaghi) après avoir parcouru 100 km et annonce aux voyageurs qu'il rebroussera chemin. Il suscitera la colère de certains qui refusent cette décision. Dans ce groupe de vingt personnes dont des enfant surgit cet homme, blond, au visage souriant, aux joues rouges, qui malgré une situation plutôt rocambolesque essaye de détendre l'atmosphère.Dans un accent prononcé de l'Est, il dira : «N'ayez crainte, si l'on doit rebrousser chemin, c'est pour notre sécurité. Et puis, nous ne sommes pas seuls, s'il y a quoi que ce soit, la Protection civile est là pour nous secourir. On aura droit à un réveillon original. De la neige à gogo !»Les quelques paroles de l'homme ont suffi pour calmer les esprits et dérider plus d'un. Le chauffeur, après une manœuvre fastidieuse, fera demi-tour et reprendra sa route.Les visages sont blêmes, et un silence régnera tout à coup, interrompu par les sonneries de téléphone. Les familles et proches s'inquiètent, demandent des nouvelles. Le blond, assis au premier rang, se retourne et s'adresse aux passagers.«Ne faites pas cette tête, c'est peut-être mieux ainsi. Tiens, je vais vous raconter une blague.» Et il commence son récit : cela s'est passé en Tunisie.Un Algérien entre dans un restaurant, s'installe, passe commande. Puis il voit d'autres compatriotes devant l'établissement, il les appelle, entrez, goubba, goubba. Et en moins de deux minutes, une procession d'Algériens défilent, mangent, se lèchent les babines, et quittent les lieux sous les yeux ahuris du propriétaire. Le dernier s'apprête à sortir quand il est interpellé par le patron : - Qui paye '- Mais personne, c'est «goubba», ça veut dire gratuit en argot algérien.Une hilarité sans précédent gagne les passagers qui remercièrent le conteur et en demandèrent une autre, puis une autre, jusqu'à leur arrivée à bon port, pour être pris en charge par les éléments de la Protection de l'unité centrale de Tébessa. Ainsi, Adel, le grand blond, sera surnommé par ses amis d'infortune «Goubba». C'est dans une ambiance presque festive que nos rescapés du froid, gelés, siroteront du thé chaud, dans un grand salon bien chauffé où ils seront traités comme des rois. «Goubba» continuera à mettre l'ambiance avec un chapelet de blagues aussi drèles les unes que les autres.Il sera surtout la coqueluche des enfants à qui il rendra le sourire.


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