
naiyach@yahoo.frAllongé sur son lit qu'il ne quitte plus depuis quelques années, Mahieddine, 94 ans, a conservé les traits de sa jeunesse. Des yeux bleus un peu ternis certes, mais qui ont gardé toute leur candeur. Il pleure de joie car Maria, ce bébé que gardait sa belle-fille, a bientèt neuf ans. Elle est venue voir son «Sido» qui avait toujours une tablette de chocolat cachée dans le tiroir de sa table de nuit et qui la lui offrait avant que sa maman vienne la récupérer. Il l'adorait. Elle apportait de la joie et du bonheur chez ce vieux couple. Aujourd'hui la maison s'est vidée. Il n'y a pas grand monde qui vient taper à sa porte. Il y a ses deux petits-enfants qui ont quitté la maison et qui lui tiennent compagnie le week-end, quand ils ne travaillent pas ; son fils unique, qui vient aux nouvelles. Et il y a aussi minette, la chatte.«Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Elle saute sur mon lit, met sa tête sur mes genoux et dort parfois trois heures durant. Vous savez, quand on est vieux, on ne supporte pas la solitude. On voudrait que tous les jours il y ait des personnes à qui l'on parle, qui s'assoient au pied de notre lit, qui nous racontent la vie à l'extérieur. Tous les jours je surveille la porte en espérant qu'un neveu, une nièce, un cousin, une cousine se souvienne de nous, et vienne nous rendre visite. Vous ne pouvez imaginer le bonheur que cela nous procure. Mais la vie est une traîtresse. Qui aurait dit que ce vieux qui est en face de vous mesurait plus de 1,90 m et pesait 100 kg, qu'il était beau et fort, que sa maison ne désemplissait pas, que la joie emplissait ses murs ' Aujourd'hui, même le soleil ne réussit pas à me rendre le sourire quand personne n'est à mes cètés. Alors je me dis : à quoi bon vivre encore quand je ne peux plus sortir, quand je ne peux pas bouger, quand je ne peux pas regarder la pluie tomber et les étoiles briller ' Il vaut mieux que je parte, car je fatigue mon épouse. Elle a 84 ans et elle s'occupe de moi comme un enfant. Quand on arrive à ce stade, on prie Dieu de nous laisser nous en aller, de quitter ce monde dignement. Mais c'est Sa volonté. On n'y peut rien. Avec l'âge, on devient très sensible, un rien nous fait sangloter, mais les gens nous prennent pour des gâteux. Quand on a donné le meilleur de nous-même toute notre vie, on a juste besoin qu'on se souvienne que nous existons.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naé Ì„ma Yachir
Source : www.lesoirdalgerie.com