En riposte à la résolution des eurodéputés adoptée jeudi dernier, une marche pour dénoncer l'immixtion «flagrante» du Parlement européen a été organisée hier par l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à Alger. Le secrétaire général de l'UGTA, Salim Labatcha et le président de l'APC d'Alger-centre, Abdelhakim Bettache ont conduit cette marche. Des travailleurs affiliés à l'UGTA, membres de la société civile et citoyens ont manifesté ensembles pour dénoncer à l'unanimité l'implication des eurodéputés dans l'agenda politique national et appeler à consolider le front interne à travers le vote.Après un sit-in observé devant le siège de l'UGTA par les travailleurs qui ont répondu présents à l'appel lancé par le sg de la centrale syndicale pour marcher à Alger afin de rejeter la résolution du parlement européen, considérée comme une atteinte à la souveraineté nationale et surtout «une man?uvre visant à entraver le processus électoral». «Les intentions du parlement européen ne traduisent pas une action de solidarité avec le peuple Algérien», a estimé, Yassir, un administrateur qui a pris par à la marche et s'est dit «outré» par « l'affront des eurodéputés» qui ont jugé par eux-mêmes d'organiser une « résolution d'urgence sur la situation en Algérie » en faisant fi des mises en garde des autorités algériennes, au début de la semaine dernière à l'annonce de « cette réunion d'urgence » instiguée par un député français, connu pour ses positions extrémistes, propagandistes contre l'Algérie. « Pourquoi adoptée une résolution sur une situation qui est en phase de se dénouer grâce à la volonté populaire qui a décidé de changer les choses le 22 février », souligne Kamyl, révolté et indigné par cette position unilatérale et injustifiée du parlement européen, accusant cette institution d'«impartialité et de subjectivité » dans ses positions. « Pourquoi ne pas se réunir pour discuter de la situation inhumaine des peuples, palestinien et yéménite ou dénoncer les exactions contre les antagonistes chiliens, boliviens ou libanais? ». Après leur rassemblement, les manifestants se sont dirigés de la place du 1er Mai à la rue Hassiba Ben Bouali en déployant l'emblème national et des banderoles et pancartes dénonçant la récente résolution du parlement français. La manifestation a été menée par des citoyens, associations et la société civile. Ils se sont indignés et révoltés contre « cette ingérence » et ont, par la même occasion, exprimé leur conviction quant à l'urgence de sortir de la crise politique et d' « aller voter ». C'était, également, une marche de soutien au processus électoral. « Il faut fairepasser l'intérêt du pays avant tout », s'exclame Ramdane, hissant le drapeau national et criant à « l'injustice et à l'ingérence étrangère qui vise à diviser le pays et détruire l'Algérie », avertit-il. Convaincu que l'action du parlement européen ne représente « aucunement celle de leur peuple, mais celle de leurs Etats », a-t-il ajouté, avant d'intégrer son cortège. Un avis que partagent ceux qui sont sortis défendre le droit de « décision des Algériens et le respect de la souveraineté nationale ». «Pourquoi, ils ne se réunissent pas pour rendre l'argent placé dans leurs banques ' », s'est interrogé Nassim, magasinier , plaidant pour « une Algérie libre et l'annulation de toutes les conventions et accords d'association signés avec ces pays afin de rendre sa dignité à l'Algérie ». Aucune confusion, la solidarité entre les peuples, selon certains manifestants, passe par des marches de soutien, non par « donner des leçons », confie, un syndicaliste. Pour lui, « beaucoup reste à faire pour la classe ouvrière en Algérie, mais laisser les choses s'envenimer ne profitera qu'aux étrangers qui « ont bradé sous licence de l'ancien pouvoir les richesses du pays ». Une logique certes pour certains marcheurs qui considèrent que « les guerres civiles provoquées par les occidentaux sont menées sous prétextes d'atteinte aux droits de l'Homme et la lutte pour la démocratie. Il faut être éveillé, les revendication populaires et le changement politique est une évidence, mais l'immixtion étrangère est un danger ». C'était la réponse donnée à un antagoniste à la marche et opposant à la présidentielle. La marche organisée par l'UGTA s'est déroulée dans le calme et par un appel à « l'unité pour l'intérêt du pays, malgré l'adversité qui constitue aussi une force pour avancer», conclu un enseignant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Takharboucht
Source : www.lnr-dz.com