Il y a 41 ans, l'athlète Azzedine Azzouzi remportait à l'âge de 24 ans la médaille de bronze sur le 800 m (1'48''2) aux Jeux méditerranéens d'Izmir en Turquie (1971).
Devancé par le Tunisien Mansour Ghettaya (1'47''6) et le Yougouslave José Medjimurec (1'48''1), Azzouzi, ancien athlète de l'ASPTT d'Alger et du NARA (Sonatrach), avait sauvé la face de la forte participation algérienne de 200 personnes (athlètes et encadrements), qui avait regagné l'Algérie avec cette unique médaille. Après son retour à Alger, le sympathique Azzouzi, spécialiste du 400m et du 800m et 1500m, qui a dominé plusieurs fois le demi-fond algérien et maghrébin, pensait que la médaille des JM d'Izmir allait améliorer sa situation socioprofessionnelle, mais il n'en fut rien. Pourtant Azzouzi ne demandait pas la «lune» si ce n'est que ses horaires de travail soient aménagés. Azzouzi décida, quinze jours après sa médaille d'Izmir, de mettre un terme à carrière pour aller vivre en France, plus précisément à St-Maur (région parisienne).
Nul ne s'attendait à une telle décision de la part d'un coureur qui avait toute une carrière devant lui. Ce fut une grande perte pour l'athlétisme algérien, dont personne n'a tenté de préserver ni de lui offrir de meilleures conditions de travail à ce champion algérien qui a honoré le pays. A l'époque, Azzouzi occupait un poste de travail de nuit extrêmement difficile, au niveau d'un secteur étatique très sensible, qui ne lui permettait pas de se préparer convenablement. Malgré son statut d'athlète d'élite. Il était hébergé aux Groupes Laïques (actuel Centre sportif de Ghermoul) avec l'ensemble des autres sportifs de l'élite (boxeurs, escrimeurs, judokas, etc.), Azzouzi ne bénéficiait pas de moyens de récupération suffisants. Sous la houlette du Tchèque Ontl Karel, Azzedine, qui s'entraînait en compagnie Sid Ali Djouadi, Mohamed Kacemi, Khaled Aït Idir, Abdelatif Derradji, les frères Si Mohamed, Kamal Guemar et autres, était estimé et apprécié de tout le monde.
A ce sujet, Khaled Aït Idir dira : «Azzouzi, que nous aimerions tous revoir, avait de grandes qualités humaines et physiques. Tous les anciens coéquipiers du club et l'équipe nationale avaient gardé de lui d'excellents souvenirs. Il était fort tant sur le 400 m que le 800 m, une consécration qui lui a valu de terminer 3e aux JM d'Izmir 1971. J'avoue que le sport et l'athlétisme algériens ont perdu un véritable champion dans les années 1970», explique Aït Idir. Autant dire que Azzouzi, qui pouvait faire aisément les beaux jours de l'athlétisme français, est resté digne et fier. Espérons que Azzeddine Azzouzi, âgé aujourd'hui de 65 ans, soit invité un jour en Algérie pour être honoré à sa juste valeur. Azzouzi fait partie des tout premiers sportifs qui ont marqué de leur empreinte l'histoire du sport algérien.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chafik Boukabes
Source : www.elwatan.com