«La fraternité n'est qu'une idée humaine, la solidarité est une idée universelle» Victor Hugo«Ce matin j'ai vu les foudres de l'artillerie, maintenant voici devant moi les canons de la pensée. J'ai vu les armes capables de détruire les murailles et les remparts des villes; aujourd'hui je vois les machines avec lesquelles ont peut combattre les rois et renverser les gouvernements, sans qu'ils s'en aperçoivent». Ces propos sont de l'Émir Abdelkader. Il les a tenus lors de sa visite de l'Imprimerie Impériale et du Musée de l'armement aux Invalides à Paris... C'était en 1852, juste après sa libération du château d'Amboise par Louis Napoléon III. Quelle noblesse chez ce combattant-intellectuel, le mystique et «l'homme de la synthèse»?, comme l'appelaient les Français ! Ainsi, deux réalisations ont été appréciées différemment lors de sa visite des importants monuments de la capitale française.
En effet deux réalisations antinomiques, très éloignées par leur contenu et leur utilité dans la société que l'Émir a su décrire avec talent, en donnant à chacune d'elles, sa véritable mission dans ce monde qui nous assaille et qui, parfois ou souvent, nous affuble d'avanies. De ce fait, et loin de me comparer à ce géant de l'Histoire, à cet homme spirituel qui vivait la modernité, car il a pressenti de façon précoce cet enjeu de la différence, propre à toute époque, un enjeu qui se démultiplie de nos jours..., je me permets de faire comme lui, une évidente comparaison entre deux états d'esprits, plutôt entre deux comportements, que je juge nécessaire qu'ils soient bien compris par notre jeunesse pour qu'elle sache, que malgré tout, l'espoir y est dans notre pays exposé, aujourd'hui, aux aléas de la désuétude.
De quoi s'agit-il '
Il y a quelques jours, au cours de ces énièmes journées d'études, qui sont organisées pour expliquer «les causes et les remèdes de la violence, notamment dans les stades» afin de combattre cet effrayant et dangereux phénomène qui génère de lourdes pertes tant matérielles qu'humaines, j'intervenais du haut de la tribune, dans le style du fervent conciliateur qui a cette envie de voir s'épanouir la jeunesse afin de jouer son rôle en tant que force de création et meilleur ferment qui, utilisé à bon escient, serait d'un incalculable apport. J'avais déjà soulevé et disséqué, maintes fois, ce problème récurrent, non seulement devant les principaux concernés, mais aussi devant les hautes autorités du pays, quand j'étais en charge du portefeuille de la Jeunesse et des Sports. Aujourd'hui, il est regrettable de constater que ce mal, qui aurait dû disparaitre en son temps, s'accentue au fil des ans et, ainsi, tous les palliatifs qui lui ont été opposés n'ont pu l'atténuer.
Et là, malheureusement, tout le monde constate que les causes sont ailleurs que dans les stades et qu'il faille s'engager, une fois pour toutes, dans une sérieuse thérapie en persévérant avec patience pour tirer les meilleurs résultats. Oui, le mal est ailleurs. Il est en nous. C'est pratiquement notre société qui est malade, hélas. La violence est partout, elle est dans la rue, au marché, à l'école, dans différentes administrations recevant le public, et même dans les familles. Notre langage a changé. Il est arrogant, incongru, impudent, irrespectueux et agressif.
Les problèmes sociaux dont le chômage, la crise de logement, la cherté de la vie, les déperditions scolaires, la démission des parents ? il faut le dire ?, l'injustice, l'indifférence et le laisser-aller de l'administration fortement bureaucratique, inhumaine et insolente, toutes ces mauvaises pratiques nourrissent ce qu'on a décidé d'appeler la mal-vie et ajoutent à notre quotidien les conséquences de la ranc?ur, la haine et l'animosité.
J'ai pris cet exemple de violence, ? exemple au demeurant affligeant dans un climat débilitant ?, en prélude à mon article, pour dire la désuétude dans laquelle nous vivions et que l'on continue à vivre, et pour aborder cette autre action citoyenne, concrète, chaleureuse qui, elle, est une suite naturelle d'un climat, d'un comportement autrement plus sain et plus détendu que se sont imposés des gens entreprenants, compréhensifs et tout en dynamisme.
Et cette autre action citoyenne ? et le répéter n'est pas de trop ?, une action que j'ai le plaisir de raconter, vient à point nommé pour être publiée et sue par tout le monde, car elle est ce corollaire direct, inévitable et naturel d'une entreprise organisée en commun accord avec la commune de Ain Aménas, en plein désert, pour venir en aide aux populations démunies, notamment les jeunes, qui désespèrent parce qu'ils ne voient pas venir cette sollicitude des aînés, ni même leurs hypothétiques promesses qui se diluent dans des espoirs évanescents.
Mais ceux-là, les praticiens de la solidarité, leur rapport avec leur société ne sont pas empreints de pompe, de forfanterie et de bluff?, leurs rapports avec leur société ne tiennent pas par des actions qui prennent des allures ostentatoires, mais par des actions qui démontrent que dans cette société qu'on dit malade, au regard de comportements néfastes qu'elle traine ou subit lamentablement, il y a des personnes, beaucoup de personnes, qui sont conscientes de l'ampleur des dégâts que ces comportements ont engendrés. Ainsi, sans attendre d'être secouées, plutôt mandées, par leurs secteurs ou par une quelconque campagne de sensibilisation d'institutions en manque d'inspiration, ces personnes se sont jetées à l'eau en en partant à la rencontre de nécessiteux dans la frange de ces enfants, de ces jeunes et moins jeunes, qui ont besoin d'elles, afin de les délivrer du climat d'indifférence, de besoin, de manque de soins et de sollicitude, dont ils ont toujours été les victimes expiatoires.
Ces praticiens, militants ? et le terme leur sied convenablement ?, ont connaissance que la société a aussi un grand besoin d'actions concrètes pour croire et avoir l'espoir qu'un jour elle reprenne la place qui était la sienne, bien avant ces vicissitudes que leur a imposées le temps et la bêtise humaine. Alors, ces gens sérieux, ces hommes et ces femmes qui ont de la valeur, ceux et celles qui ne donnent pas l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air, comme disait un artiste-écrivain, sont partis au-delà de leurs forces, avec le sourire des pèlerins du bonheur. Ces volontaires dans les vastes espaces d'Ain Amenas qui ont démontré sur le terrain leur sensibilité à la transmission de leur savoir, de leur compétence, bref de leurs connaissances, ont démontré qu'ils vouent un intérêt tout particulier aux nécessiteux, même dans les contrées les plus reculées du pays.
Ces gens distingués du «Club Alger El Ghalia» de l'Association Nationale des LIONS Clubs d'Algérie, se sont faits leur cette formidable sentence d'Henri Leclerc, célèbre avocat, ancien président le la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen : «La liberté et la dignité humaine doivent être effectives, et il ne sert à rien de dire que chacun doit vivre libre s'il n'a pas les moyens de vivre.»
En effet, cette belle citation est convenablement à sa place chez les douze praticiens (12) de différentes spécialités qui ont fait le déplacement, dans cette région d'Illizi, soutenus par des sponsors intelligents et désintéressés, mais cependant accompagnés par cette formidable volonté d'être au diapason de leur mission humanitaire et ô combien généreuse. Et dans cette ambiance clémente, ils sont allés au devant de leurs responsabilités qui sont grandes, avec cet espoir d'être en conformité avec leur conscience.
Là, ils ont conjugué le verbe être, pendant ces quatre jours d'ambiance stimulante et fraternelle. N'est-ce pas que ça nous change de ces joutes belliqueuses qui nous dépréciaient et qui, de surcroit, nous laissaient à la traîne, en marge de toute évolution ' Assurément, quand on voit la différence entre le dynamisme des uns, dans la transmission sur le terrain de la réalité de nos valeurs ancestrales d'entraide et de solidarité, et le vandalisme des autres, que représentent leurs actes de saccage et d'effondrement, on ne peut hésiter pour trancher entre ceux à qui nous devons dire merci, vous avez bien fait, et ceux, à l'opposé, qu'on ne peut célébrer, sauf qu'avec de sévères et particulières réprimandes pour leur comportement non conforme aux règles établies de l'éducation et du respect des autres.
Franchement, n'est-ce pas à l'honneur de cette équipe pluridisciplinaire de spécialistes en médecine, composée de 3 généralistes, de 2 gynécologues, de 2 ophtalmologues, de 2 pédiatres, d'un (1) cardiologue, d'un (1) endocrinologue et d'un (1) opticien, que de s'être engagée dans une aventure dans la route du bonheur ou le volontariat ? cette vertu tant déclamée par nos aïeuls ? devient la gloire, voire l'admiration de ceux qui le pratiquent '
Cette opération qui s'inscrivait dans les tablettes du volontariat et qui avait pour substantifs, afin qu'elle soit convenablement qualifiée, l'altruisme, la générosité, l'amour du prochain, le rapprochement, la fierté et la satisfaction, a eu pour théâtre le Sud du pays, et la région d'Ain Amenas principalement, dans la Wilaya de Ouargla, du 15 au 18 octobre 2018. Elle a touché des enfants démunis, une centaine d'enfants tous âges confondus, qui ont bénéficié de dons de vêtements, de chaussures, de tenues de sports, de cartables, de fournitures scolaires et d'autres effets qui les ont comblés d'agrément et de plaisir.
En fait cette opération d'envergure s'est divisée en deux actions principales, la première, celle que je viens de mentionner et qui consistait en une distribution d'effets vestimentaires et autres, la seconde action concernait le domaine de la santé, proprement dit. Pour ce faire, une brigade de volontaires, en un chantier médical ambulant, où les douze (12) spécialistes bénévoles, déjà cités, ont déployé de louables efforts pendant quatre jours, avec des patients que la nécessité a fait rencontrer. Cette brigade, dans une parfaite disponibilité et dans une excellente ambiance de travail dans la complémentarité, a procédé à des examens médicaux en faveur des populations ciblées, conformément au planning déterminé par les responsables sanitaires de la localité.
Pour ce faire, la mise en ?uvre de cette généreuse initiative, devait impliquer tous les médecins spécialistes qui ont fait le déplacement sur Ain Amenas. Personne n'a chômé, et d'ailleurs pourquoi devaient-ils le faire et se seraient-ils permis de prendre la poudre d'escampettes vers les dunes à 1500 km au Sud d'Alger, eux qui sont venus pour assister un monde en difficulté ' Tous ont travaillé d'arrache-pied, consciemment, durement quelquefois selon le potentiel des moyens, mais tous étaient satisfaits de la mise en ?uvre de cette clémente initiative, sur le terrain de la réalité. Et comment ne le seraient-ils pas, quand les résultats sur place, sans urprendre ou ébahir, ont affiché des taux de satisfactions que peu de praticiens, par ailleurs, peut-être même pour d'identiques missions, ne sauraient oublier ! En effet, dans ce contexte de pur labeur et de fructueuse émulation, l'amnésie ne peut arborer facilement ses talents, puisque les chiffres sont clairs, pour expliquer aux sceptiques invétérés que l'action honnête et sincère ne peut connaître son aboutissement que dans les mêmes dispositions, c'est-à-dire dans la sincérité et l'honnêteté. En tout cas, il n'y a pas mieux que l'énoncé de l'arithmétique qui puisse démontrer le bien-fondé de ces assertions. Et ainsi, nous saurons, par exemple, que parmi les 140 malades qui ont été pris en charge par les médecins ophtalmologiques, 136 personnes ont bénéficié d'une correction de leur vue par un opticien de haut niveau, afin que soit
accomplie la confection de leurs lunettes selon leurs réelles dioptries. C'est dire l'excellence du travail de ces praticiens-spécialistes face aux besoins de ces patients nécessiteux. Dans le domaine de la gynécologie, les médecins de la spécialité, ont reçu, au cours de cette campagne, 185 femmes pour des consultations suivies d'échographies, tout en procédant, par la même occasion, à des frottis de dépistage auprès de 43 femmes. Dans celui de l'orthopédie, le chirurgien a décelé, lors de sa consultation, d'opérer 12 personnes dans diverses spécialités thérapeutiques. Il a procédé, d'autre part, à trois interventions chirurgicales (lipome ? orteil surnuméraire ? canal carpien..).
Enfin, et en endocrinologie et médecine générale, les examens ont permis de déceler 60 cas portant surtout sur :
? L'équilibre du diabète, l'adaptation des traitements et les recommandations hygiéno-diététiques.
? Le diagnostic et traitement de pathologies thyroïdiennes pré et post
opératoires
? Le diagnostic de maladies digestives
Que dire, en conclusion, de cette formidable action de ces braves médecins spécialistes, en collaboration avec les membres de l'Association nationale des Lions-Club Alger-El Ghalia, qui, au détriment de leur repos, se sont portés (ées) volontaires pour être près de leurs frères et s?urs, les citoyens démunis du Sud du pays, et les soulager de leurs maux ' Que du bien, évidemment, auquel nous ajoutons l'expression de notre parfaite considération et de nos meilleurs sentiments !
Ainsi, le Club «Alger-El Ghalia», composé uniquement de femmes bénévoles de toutes générations confondues, a réussi, encore une fois, après de nombreuses autres actions de solidarité à travers plusieurs Communes dans les Wilayate de Chleff, Tizi-Ouzou, Alger, Sétif, Tipaza et Ouargla.
Le Club s'est imposé dans le grand Sud ? à Ain Amenas ? avec une équipe de médecins-spécialistes, en s'investissant, comme déjà relaté, avec courage et abnégation dans la mise en ?uvre de cette concrète et généreuse initiative. Alors, il faut dire que ces femmes qui sont pleinement convaincues de leur implication dans la vie sociale de notre pays, sont arrivées à concrétiser de grands programmes, dans la transparence et la visibilité totale de toutes leurs actions, ce qui paraissait hier impossible, et cela grâce également à de généreux donateurs et leur sincère et bénéfique contribution. Sans l'apport de ces derniers, affirment-elles, sans leur générosité et leur confiance, la réalisation de cette ?uvre charitable n'aurait pu avoir lieu.
Bon vent les femmes du Club «Alger-El Ghalia» et un grand bravo pour les médecins, ces messagers du bonheur !
Par Kamel Bouchama Auteur
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Bouchama
Source : www.lnr-dz.com