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Association Les Amis de la Rampe Louni Arezki-Casbah



Association Les Amis de la Rampe Louni Arezki-Casbah
Organisée par l'Association Les amis de la rampe Louni Arezki-Casbah et l'Assemblée populaire communale d'Alger-centre, cette rencontre conviviale a permis aux nombreux présents de revisiter la vie et l'?uvre du regretté Hadj M'Rizek, décédé à l'âge de 43 ans, le 12 février 1955.Le maître de cérémonie, qui n'est autre que Lounis Aït Aoudia, président de l'association Les amis de la rampe Louni Arezki, a accueilli ses convives avec une joie indescriptible. Il faut dire que ce monsieur infatigable, à l'énergie débordante, s'attelle depuis quelques années déjà à pérenniser nos traditions multiséculaires en convoquant des haltes à la mémoire et au souvenir.Façon singulière de constituer des repères culturels en direction de la jeunesse algérienne. Le président Lounis Aït Aoudia indique que nous avons une jeunesse fabuleuse, une génération montante, «restituons-lui ce qui lui appartient et aidons-la à se construire et à préserver une mémoire». Ainsi, la salle de cinéma Le Casino avait du mal à contenir ses invités de marque venus en famille pour se remémorer des moments révolus à jamais. La famille du regretté Hadj M'Rizek était présente en force. Le la de cette rencontre a été donné par un récital animé par le chanteur chaâbi Kamel Fardjallah. Par la suite, le poète Rabah Haouchine a dressé un portrait chronologique succinct de Hadj M'Rizek.Ce dernier s'intéresse à la musique grâce à son demi-frère, organisateur de spectacles. Il suit les représentations des vedettes de l'époque, comme Mustapha Nador. C'est le maître Ahmed Benzekri qui l'oriente vers le hawzi. Il fait un apprentissage musical classique, puis finit par choisir la mandole. Il apprend les grands textes de la poésie populaire et travaille différents types de chants en commençant d'abord par le hawzi avant de se mettre au chaâbi. Il devient la star de La Casbah en 1929 et participe à des fêtes à Dellys, Cherchell et dans le M'zab. Sa renommée arrive en métropole, où il enregistre plusieurs 78 tours.En 1937, il se rend à La Mecque. Il devient aussi vice-président du Mouloudia club algérois. Il est l'auteur de plusieurs célèbres chansons, entre autres El Mouloudia, El Qahoua ouel Atay, Mesbah Ezzine, Yal qadi, Youm el djemaâ kherdjou leryam, Goulou leyamna, ou encore kifèche hilti ya nassi. L'émotion était à son comble quand la fille unique du regretté artiste Hadj M'Rizek, Zoulikha, est montée sur scène pour recevoir quelques présents symboliques de la part du président de l'Assemblée populaire communale d'Alger-centre et de l'association des Amis de la rampe Louni Arezki et surtout de parler de son illustre père.Elle ne manquera pas de remercier le public ainsi que les organisateurs de l'avoir replongée dans ses souvenirs. «Papa, dit-elle, était un grand homme que je n'ai pas beaucoup connu du haut de mes cinq ans. Je le connais surtout par les grands artistes qui l'ont approché et par les souvenirs qu'ils ont de lui sur son parcours.Il a eu un court mais riche parcours. Je crois que dans son instinct il savait qu'il allait mourir jeune. Il a brûlé la chandelle par les deux bouts. Il a accompli le pèlerinage à La Mecque à l'âge de 24 ans. Il a fait son parcours, mais il est mort très jeune, à l'âge de 43 ans». Mme Zoulikha a tenu à préciser que son défunt paternel était, certes, rémunéré lors des concerts qu'ils animait, mais cependant il ne gardait aucun centime. «Cet argent allait à l'orchestre. Mon père faisait son art pour l'art», dit-elle. Un autre moment fort a ponctué cette rencontre : l'exhibition de deux objets ayant appartenu au maître, son tarbouche et sa mandole.Un instrument qui était dans un piteux état, mais que l'association Les amis de la rampe Louni Arezki s'est engagée à restaurer. Ainsi, la mandole a été restaurée par un luthier algérien et sa housse en velours portant les initiales du maître en fil d'or a été confectionné par un artisan béninois installé à Chevalley. Cette belle rencontre s'est terminée par la prestation de deux chanteurs de chaâbi, Nacer Mokdad et Kamel Chercham. L'ambiance festive a permis à plusieurs personnes de s'adonner à des pas de danse mesurés, le tout rehaussé par des youyous et des applaudissements.


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