«La corruption gangrène les institutions»
L’association algérienne de lutte contre la corruption, qui est également la section algérienne de l’ONG, Transparency international, relève, dans son rapport trimestriel sur la corruption en Algérie, que ce phénomène prend de l’ampleur à tous les niveaux de la société et même des institutions de l’Etat.
Faisant le bilan des 6 derniers mois, l’association que préside Djillali Hadjadj constate la progression des cas de corruption qui n’en finit pas d’éclabousser les institutions. Sont cités le programme de la relance économique, les détournements qui touchent les banques, les institutions, les affaires traitées par la justice qui n’ont pas abouti ou encore les nombreuses personnalités citées dans ce genre d’affaires et qui ne sont jamais inquiétées. Aux yeux des rédacteurs du long communiqué, «l’actualité de ces derniers mois en Algérie est marquée par une explosion sans précédent de la corruption à tous les niveaux et dans tous les secteurs sans aucune exception». Le rapport de 7 pages n’épargne aucun secteur. «La corruption se généralise et prend d’énormes proportions». Le constat est là, et on peut lire le cas des jeux africains dont certains marchés ont été cédés de gré à gré. L’AALCC attire l’attention sur la généralisation de ce procédé. «Le gré à gré est devenu le seul recours.
Le gouvernement veut faire de ce procédé une règle et les pouvoirs publics envisagent de libéraliser le gré à gré encore davantage au motif que le recours à d’autres procédés tels que l’appel d’offres bloque le programme du président». Pour l’association, «il y a absence de volonté politique de lutter contre la corruption et la situation ne fait qu’empirer». Ce phénomène avait pourtant fait l’objet d’un débat et une loi avait été adoptée à ce sujet, celle du 20 février 2006 relative à la prévention et la lutte contre la corruption. Mais, regrette le rapport, «la gangrène a atteint toutes les institutions de la République dans une sorte de concurrence criminelle entre des clans maffieux, marquée par aucune limite». Le rapport cite plusieurs cas qui ont éclaboussé plusieurs institutions, «durant le premier semestre de l’année», l’AALCC a «suivi et observé plusieurs affaires dont celle de Khalifa, une parodie de justice, étant donné que les principaux protagonistes ont été protégés par la justice ou se sont protégés sous d’autres cieux». Le secteur de la pêche, celui des travaux publics et celui de l’autoroute Est-Ouest, sont également cités. Il y a aussi le secteur de la santé. Revenant sur l’affaire de l’EHU d’Oran, les rédacteurs vont ensuite faire un résumé de la situation. «Le secteur de la santé tout particulièrement la branche du médicament est entre les mains de la maffia des importateurs qui contrôle et fait main basse sur un milliard de dollars annuellement, soit toute la somme allouée pour l’importation des médicaments. «C’est l’un des secteurs les plus corrompus», estime l’association qui fait état du noyautage par cette maffia de l’ensemble des organismes de contrôle ou pouvant contrôler le médicament, à l’exemple de l’institut Pasteur. Le rapport cite également le P-DG de Saïdal, qui «aurait dû démissionner, lui qui a été cité et condamné dans l’affaire Khalifa». Le rapport épingle tout le secteur de la santé lui reprochant de s’être transformé en «importateur de matériel médical, chose qui n’est pas de son domaine de compétence. Du matériel qui coûte des milliards pour ensuite le distribuer à des secteurs sanitaires totalement désorganisés». La justice n’est pas en reste, puisque le rapport estime «qu’il y a un retour de la justice de la nuit». Il rappelle le cas du conseiller de la présidence de la République, président de l’association nationale des zaouïas qui s’est érigé en «parrain des marchés publics». En 2006, Transparency International (TI) a attribué à l’Algérie une note de 3,1 sur 10, en matière de perception de la corruption, classant notre pays à la 84ème place.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com