Alger - A la une

ARTS DE LA RUE



Après le succès inattendu du mouvement artistique qui a pris possession de la rue algéroise samedi dernier en réponse au harcèlement policier dont a fait l'objet le guitariste Moh Vita, un autre rendez-vous est donné aujourd'hui pour une série de spectacles de rue.Comme pour l'action de solidarité, l'appel a été lancé sur les réseaux sociaux mais cette fois-ci, c'est l'association Mawahib wa afaq (Talents et horizons) qui invite les artistes de toutes les disciplines à se rejoindre à la Grande-Poste aujourd'hui à 13h. Cette initiative baptisée «Arts dans la rue» et lancée en partenariat avec l'OPCA (Office de promotion culturelle et artistique) et l'ODEJ (Office des établissements de jeunes d'Alger) s'inscrit dans une démarche d'animation de l'espace public où toutes les disciplines pourront s'exprimer, allant de la musique au conte en passant par les spectacles de clowns, la peinture, le portrait et le dessin facial affectionné par les enfants. L'association appelle tous ceux désireux de participer à s'inscrire simplement en envoyant un bref descriptif par la messagerie privée de la page de l'événement. Il faut dire que ce n'est pas la première fois que les places d'Alger connaissent des performances artistiques : depuis deux ans, un collectif de comédiens organise régulièrement entre Bab El-Oued et le centre-ville des spectacles de théâtre de rue qui drainent chaque fois un public nombreux. Mais depuis l'affaire du jeune guitariste interpellé par la police et la vague d'indignation qu'elle a suscitée ainsi que l'annonce du maire d'Alger-Centre quant à la facilitation d'obtention des autorisations pour les artistes de rue, l'organisation de ce spectacle multidisciplinaire prend des accents particuliers d'autant qu'il s'agit là d'un partenariat entre une association culturelle et des organismes étatiques. A souligner, en effet, que dès le lendemain du rassemblement de soutien auquel ont participé une dizaine de musiciens et chanteurs, le P/APC, M. Abdelkrim Battache, a reçu Moh Vita dans ses bureaux pour lui fournir le précieux sésame au motif duquel il a été inquiété par les éléments de l'ordre. Cette «autorisation» est considérée par certains artistes non pas comme une victoire mais une atteinte déguisée aux libertés publiques car la rue «appartient à tous les Algériens dont les artistes» et son occupation n'est pas censée être soumise à des tracasseries administratives. Un point de vue que ne partage pas le chef de Sûreté de la wilaya qui déclare, en marge d'un point de presse animé lundi, que cette affaire a été «surmédiatisée» et que «la loi est applicable à tous». Quoi qu'il en soit, le débat sur la place des arts dans l'espace public ne fait que commencer et tout porte à croire que le succès de la mini-protesta de samedi dernier poussera les autorités locales à envisager de composer avec la détermination de ces jeunes artistes à défendre leurs droits à l'existence en dehors des espaces conventionnels contrèlés par l'Etat et dont l'accès a toujours été problématique pour les freelance et la scène alternative.


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