On n'en parlera jamais assez. Le sujet est hautement sensible et d'une importance capitale pour les nations. Après Vladimir Poutine, c'est maintenant au tour de Barack Obama de s'en prendre à «la main étrangère». C'était lundi dernier au cours de la conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irakien, tenue sur le perron de la Maison-Blanche. «Dans les jours à venir, les soldats américains vont quitter l'Irak», a-t-il commencé par déclarer avant de mettre en garde «des pays tiers» qui seraient tentés de s'ingérer dans les affaires irakiennes. N'ayant pas nommé ces «pays tiers», certains, comme l'hebdomadaire français Le Point, voudraient que le président américain visait, par ses propos, l'Iran. On savait que la langue française n'est plus maîtrisée au plus haut niveau des institutions de l'Hexagone, ce qui rend plus facile de mettre dans le même «compte» la confusion entre le pluriel et le singulier des journalistes du Point. Obama a parlé de «pays tiers» au pluriel. Même si l'Iran pourrait être soupçonné d'avoir des plans de déstabilisation de ce pays, il n'est cependant pas le seul à nourrir de tels desseins. Tous les observateurs avisés le savent. Tout autant que le président américain n'a pas cru bon de citer ces «pays tiers», l'hebdomadaire français a dû préférer être taxé d'ignare plutôt que de courir le risque de citer les autres pays incriminés. Vladimir Poutine non plus n'a pas été précis dans ses accusations, même s'il a évoqué «un signal» venu du département d'Etat américain, contre «des centaines de millions de dollars de fonds étrangers ont circulé en Russie pour influencer le scrutin» en pointant du doigt les ONG comme destinataires de ces fonds. Là aussi c'est le pluriel qui est utilisé pour «les fonds étrangers». Ce qui veut dire, au final, qu'il n'y a pas que l'Iran et les Etats-Unis qui peuvent être accusés d'ingérence dans les affaires d'autres pays. On a pu croire un instant que la Conférence internationale d'urgence contre les guerres d'occupation, qui a clôturé ses travaux lundi dernier à Alger, allait nous éclairer davantage. Eh bien, non! Il y a été question de «nouveaux maîtres du monde» et du sempiternel «impérialisme» pour qui «l'ingérence humanitaire est un prélude au droit des grandes puissances d'intervenir militairement pour organiser le pillage systématique des richesses naturelles et des ressources des peuples». La panoplie est ici aussi large qu'imprécise. Très, très imprécise car et si ce sont les «grandes puissances» qu'accusent les conférenciers d'Alger d'être cette «main de l'étranger», la Russie par la voix de Poutine et les Etats-Unis par celle d'Obama, toutes deux «grandes puissances», accusent qui, eux' On aurait tort cependant de croire que toutes ces voix, d'apparence divergentes, s'accusent mutuellement. Tous ceux qui évoquent cette «main de l'étranger» butent sur l'absence de preuves. C'est un peu comme parler de corruption. Tout le monde sait qu'elle sévit mais, de preuves, point! Et tant que la ou les preuves ne sont pas établies, le discours ne sera pas, ou difficilement, compris par l'opinion publique. Ce genre d'échanges de «politesse» restera l'apanage de ceux qui sont dans les secrets d'Etats. Entre ceux qui ont le code de l'arme atomique oserait-on dire. Ils savent de quoi ils parlent mais ne peuvent pas être plus clairs. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que certains, chez nous, censés pourtant éclairer l'opinion publique, pensent que «la main de l'étranger» n'est qu'une plaisanterie. On voit bien pourquoi on n'en parlera jamais assez!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com