Alger - Revue de Presse

Après les propos de chérif Abbas et Abada sur la visite de Sarkozy



Démarche concertée contre Bouteflika ? Les élections locales ont été reléguées, hier, au second plan par la polémique provoquée par les propos de Mohamed Chérif Abbas sur les origines juives du président français, Nicolas Sarkozy. Des propos confortés par ceux de Mohamed Abadou, président de l’ONM et de Mohamed El-Korso de l’Association du «8 mai 45», les deux ayant appuyé le ministre des Moudjahidin, considérant dans le même temps que le président français n’est pas le bienvenu chez nous. De tels propos de ce qu’on appelle «la famille révolutionnaire», ont tout l’air d’un tir croisé concerté. Ce qui n’a pas manqué de créer, avant-hier, une forte tension entre Alger et Paris. Du côté français, on a même évoqué la perspective d’annuler carrément la visite prévue à partir de lundi. Une telle situation a poussé le président de la République à monter personnellement au créneau, alors que d’habitude il est connu pour être quelqu’un qui ne réagit pas à chaud. C’est dire l’urgence de la situation. Sa première réaction est de faire une déclaration dans laquelle il prend ses distances par rapport aux assertions de Mohamed Chérif Abbas, Abadou et El-Korso. «Constitutionnellement, la politique extérieure relève du domaine réservé du président de la République et de ses plénipotentiaires dont le ministre des Affaires étrangères, en particulier», rappelle le chef de l’Etat. Et de préciser plus loin qu’il est le seul habilité à être la voix officielle de l’Algérie. La politique extérieure «est conduite directement par le président ou ses services compétents dûment mandatés. En dehors des positions exprimées par ces autorités, toute déclaration ou spéculation n’engage que ses auteurs ou ceux qui la publient». Et dans ce qui semble un jugement sur les propos de Chérif Abbas, Bouteflika note encore qu’il n’est «pas de nos traditions, ni dans notre interprétation du devoir de réserve qui incombe à tout responsable de l’Etat, de porter des jugements de valeur sur des hommes d’Etat étrangers, ou de nous immiscer dans la politique intérieure des autres Etats, notamment lorsqu’il s’agit d’un pays ami avec lequel nous entretenons des relations multiples de coopération confiantes et mutuellement bénéfiques». Ne se limitant point à cette lettre de «clarification» comme souhaitée par l’Elysée, le président Bouteflika avait également pris son téléphone pour une conversation avec son homologue français dans laquelle il a réitéré sa réprobation au sujet des propos de Mohamed Chérif Abbas et Mohamed Abadou, lui rappelant qu’il sera reçu en ami lundi à Alger, au cours de sa visite d’Etat en Algérie, une visite essentielle pour les deux pays». Les explications du président Bouteflika ont assurément dégonflé la polémique de l’autre côté de la Méditerranée, Nicolas Sarkozy considérant que «l’incident est clos». Si cet incident, qui fait du reste partie du cycle attirance-répulsion des relations franco-algériennes, est clos, il ouvre, en revanche, la porte aux spéculations du côté algérien. Il faut, d’emblée, noter que c’est la première fois que le président Bouteflika se fait marcher sur ses plates-bandes, à savoir les affaires étrangères qu’il a toujours gérées personnellement à travers ses hommes liges. D’où la question de savoir si Mohamed Chérif Abbas, connu pour sa prudence, a agi seul ou bien ses propos, relayés le lendemain par Abadou et El-Korso, ne seraient pas une première salve d’une démarche concertée visant à déstabiliser le président Bouteflika et lui envoyer un message selon lequel le troisième mandat est loin d’être acquis pour lui.
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