Tout le monde connaît bien Djamel Belmadi. Depuis la fin de la rencontre face au Zimbabwe, il est certainement en train de cogiter. Il ne peut en être autrement pour celui dont le football est l'unique passion. Contrarié par le nul concédé en seconde mi-temps, il y a fort à parier qu'il est en pleine réflexion après les deux matches livrés par ses poulains. Des matches contrastés dans le contenu avec, comme étonnants points communs, deux premières périodes acceptables et deux secondes mi-temps loin d'être satisfaisantes. Si à Alger les Verts sont parvenus à assurer le résultat, ce n'était pas la même finalité à Harare avec ce nul qui a certainement agacé le driver national, pas habitué à subir une telle contrariété. Alors, il est tout à fait logique qu'il se pose des questions. Ses protégés ne sont-ils pas au top physiquement ' Est-ce dû, comme le pensent certains observateurs, aux efforts fournis en première période des deux rencontres ' Sa conception de jeu, avec des replacements en permanence des attaquants et des milieux lorsque le ballon se trouve dans les pieds des adversaires, est-elle trop éprouvante pour leurs organismes ' Pourtant, l'ascendant dans le jeu et la possession de la balle attestent que les Verts ont les capacités pour maîtriser bien des situations, comme c'était le cas face au Nigéria et au Mexique. Ce style de jeu n'est possible qu'avec l'implication totale des sélectionnés, convaincus que c'est la meilleure voie pour obtenir de bons résultats. Et on a vu que les nouveaux capés sont entrés rapidement dans le « moule » choisi par leur entraîneur. D'aucuns diront que plusieurs Verts n'ont pas été transcendants et que ces déficiences se sont répercutées sur les prestations de jeudi et de lundi. D'autres argueront que les conditions inhérentes au lieu du match (1.400 mètres d'altitude) sont à mettre dans la case des circonstances atténuantes. Il n'empêche que les deux périodes ont été trop contestées et doivent faire l'objet d'une analyse précise et objective. En fait, des capés ont été défaillants, et on se demande si Djamel Belmadi va laisser passer ces lacunes. Connaissant son objectivité, il se pourrait que quelques-uns d'entre eux risquent pour le moins, de rester sur le banc. Car le coach tient comme la prunelle de ses yeux à la notion de groupe solidaire, évoluant sur le même tempo, celui qui a débouché sur l'impressionnante série d'invincibilité encore en cours. Les statistiques relevées au terme de cette rencontre crispante dans le dernier quart d'heure sont édifiantes. En première mi-temps, les Verts se sont créé huit occasions nettes, mais la moitié en seconde période.L'autre remarque concerne les buts encaissés, tous deux sur des balles arrêtées. S'agit-il de mauvais marquages sur l'adversaire ou un manque de concentration ' On y ajoutera quelques mauvais choix dans la transmission du ballon et dans les tirs (par exemple Guedioura qui a tenté sa chance, alors qu'il y avait de meilleures solutions dans l'utilisation du ballon). Par ailleurs, on peut se demander si la hiérarchie des gardiens, valable par le passé, ne doit pas être revue par le driver national. Car il n'est pas acceptable qu'un gardien aussi expérimenté que M'bolhi laisse le ballon lui échapper des mains. Après tout, Oukidja a été irréprochable récemment face au Nigéria. Ces « réserves » émises ne nous empêchent pas de relever les points positifs, comme les prestations de Helaïmia, en nette amélioration, de Bennacer et Benrahma. Ce dernier, en dépit de la distance qui le sépare de son capitaine, a peut-être jeté les bases d'une prometteuse « connexion » entre ces deux artistes. Enfin, on pardonnera à Mahrez les coups francs mal exploités qui furent largement compensés par l'exploit technique sur le second but qui confirme sa classe exceptionnelle.
En ce moment, l'EN doit profiter au maximum de ce joueur hors normes. On ne saurait passer sous silence deux faits. Le premier concerne les cartons gratuits récoltés par Bounedjah et Bensebaïni, qui n'auraient pas dû contester les décisions de l'arbitre et de son assistant. On se demande quelles auraient été leurs réactions s'ils avaient affaire à un autre referee, comme ceux d'une époque heureusement révolue. La seconde anomalie est liée à la présence d'un groupe de supporters dans les tribunes encourageant l'équipe du Zimbabwe. A ce que l'on sache, ce match était placé sous le sceau du huis clos, conformément aux instructions de la CAF et des autorités sanitaires. A notre connaissance, un officiel était chargé de faire respecter ce protocole. A présent, Djamel Belmadi a devant lui quatre mois pour apporter les rectificatifs nécessaires. Par définition, c'est plus difficile au sein d'une équipe nationale où il n'a pas les capés à sa disposition. Dans un club, c'est différent, car les entraînements sont nombreux et planifiés dans le temps.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Adjal Lahouari
Source : www.lequotidien-oran.com