Alger - A la une

Après le choc, retour à l'évidence Les Tunisiens accusent le coup



Après le choc, retour à l'évidence                                    Les Tunisiens accusent le coup
Finalement, les Tunisiens semblent avoir accepté la nouvelle donne, y compris ceux qui ont bâti leur campagne électorale autour de l'attaque en règle d'Ennahda.
Plus personne ne doute, à présent, de l'écrasante victoire du parti d'El-Ghannouchi, même si certains ont tenté d'invoquer des dépassements commis, çà et là, par ce parti. Cette victoire est d'autant plus éclatante qu'elle est venue au moment même où la classe politique et les médias tunisiens, appuyés par une présence exceptionnelle des médias et des observateurs étrangers, ont tous attesté du bon déroulement des élections, de leur transparence et de leur liberté.
Hier, les Tunisiens exhibent toujours fièrement, tel le henné, la trace de l'encre bleue sur leur index. Personne, ou presque, en Tunisie, n'ose remettre en cause la régularité du scrutin et, par extension, la victoire d'Ennahda. Même son pire adversaire pendant la campagne électorale, le Parti démocratique progressiste (PDP) a reconnu sa défaite et se met, d'ores et déjà, dans la peau d'un opposant.
Pour beaucoup de Tunisiens, la campagne du PDP, axée essentiellement sur des attaques contre Ennahda et les menaces qu'il fait peser sur le devenir de la Tunisie, aurait été contreproductive.
Lundi, soir, et à mesure que la victoire d'Ennahda se confirmait, des appels à manifester fusaient de partout sur les réseaux sociaux. On prévoyait une grande démonstration de force pour hier mardi, il n'en fut rien, ou presque. Une centaine de jeunes avaient manifesté lundi soir devant le Palais des congrès, transformé en centre international de presse, pour dénoncer les conditions dans lesquelles Ennahda aurait obtenu sa victoire. 'On a chassé une dictature, on ne veut pas d'une autre', lançaient-ils. Mais l'appel à la marche n'a pas été suivi. Au contraire, la place de La Casbah, faisant face au siège du Premier ministère a connu, hier une manifestation d'un autre genre : celle des jeunes blessés durant la révolte et qui réclament une prise en charge par l'Etat. Le gouvernement intérimaire devrait publier dans les prochains jours un décret prévoyant une indemnisation et une gratuité des soins pour ces blessés.
Hormis cela, les Tunisiens sont redescendus sur terre et se veulent à présent philosophes. 'On va voir si cela va donner le modèle turc promis par El-Ghannouchi', commente un cadre dans une banque tunisoise. Les autres préfèrent ironiser en lançant : 'Au moins, on aura moins de femmes célibataires, puisqu'il (El-Ghannouchi, ndlr) va autoriser la polygamie.'
Mais personne n'est en mesure de dire ce qui va arriver après cette élection. La seule certitude : Ennahda va contracter des alliances pour s'assurer une majorité confortable dans l'Assemblée constituante. Le parti laissera, donc, son empreinte sur la future Constitution et aura la haute main sur l'organisation des élections législatives et présidentielle, qui devraient avoir lieu, dans une année au moins.
Mais, en attendant, le parti islamiste se veut rassurant, en direction de l'opinion publique tunisienne, mais aussi vis-à-vis des partenaires étrangers de la Tunisie, en affirmant qu'il respectera les engagements pris par l'Etat tunisien.
Le parti, qui plaide ouvertement pour un régime parlementaire monocaméral, veut contrôler la Tunisie nouvelle, tout en évitant d'assumer entièrement la gestion de l'ère post-Ben Ali. C'est pourquoi il évite de s'étaler sur les chantiers économiques et veut impliquer d'autres formations politiques avec lui, pour ne pas prendre le risque de s'attirer les foudres des mécontents. C'est que les attentes des Tunisiens sont énormes : chômage, pauvreté, enclavement, déséquilibre régional, pour ne citer que ces défis urgents.
Même si le parti se montre, en public, rassurant, envers les craintes émises par ses adversaires, notamment en ce qui concerne les libertés individuelles et le statut de la femme, et même s'il se permet d'offrir, aux journalistes étrangers qui lui rendent visite, de beaux morceaux de Beethoven, il n'a jamais cessé de flirter avec les salafistes tunisiens, et a toujours défendu leur cause. Un double discours, qui l'arrange si bien, pour le moment.
A. B.
elhou 28-10-2011 05:08
elhou 28-10-2011 05:05
SOLEIL FROID 27-10-2011 10:40
algeriano 27-10-2011 08:59
massinissa 27-10-2011 07:41
elhou 27-10-2011 06:48
elhou 27-10-2011 06:46
touansamabrouk 27-10-2011 06:12
kad 27-10-2011 00:11
MAAk ya El ganouchi 26-10-2011 20:38
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)