Alger - A la une

Après le boom, l'essoufflement !



L'onde de choc provoquée par les premiers cas de coronavirus en Algérie avait engendré un élan de solidarité rarement égalé. Associations structurées mais également des particuliers ont rivalisé d'ingéniosité pour prendre part à la lutte contre l'épidémie. Près de sept mois plus tard et alors que les contaminations enregistrent des records, les manifestations de solidarité se font timides, voire invisibles. Les initiatives se raréfient et l'élan semble sérieusement essoufflé.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Alors que l'Algérie recensait ses premiers cas de coronavirus et que la situation épidémiologique exigeait, au fil des mois, des mesures de plus en plus restrictives, la solidarité se manifestait un peu partout.
Des associations s'étaient mobilisées pour collecter des dons au profit de familles impactées par l'arrêt de plusieurs activités économiques, des ateliers de couture s'étaient mis à fabriquer des masques, des étudiants avaient pu réaliser des visières dans des laboratoires des différentes universités alors que des restaurateurs préparaient des repas chauds pour le personnel de santé qui pouvait également compter sur des propriétaires d'hôtels pour être logés pas trop loin de leur lieu de travail.
Aujourd'hui que l'épidémie connaît un pic, toutes ces actions ne sont plus visibles. Certaines ont tout simplement cessé. Comment l'essoufflement a-t-il pu avoir raison d'autant de bonnes volontés ' Les raisons sont probablement à chercher dans la nature même des associations, souvent de petite envergue, comptant sur la générosité des donateurs.
La conjoncture économique difficile n'a visiblement épargné aucun secteur. Beaucoup d'entreprises grandes ou petites souffrent des retombées des mesures restrictives sur leur chiffre d'affaires. Les dons ne seraient plus aussi importants qu'au tout début de la crise sanitaire.
Du côté des restaurateurs, beaucoup d'entre eux se débattent pour survivre après des mois de fermeture et même les bonnes volontés n'ont pas résisté à l'impact de la crise. Idem pour des hôteliers dont le secteur figure parmi les plus impactés.
Autre piste qui aurait eu pour conséquence de tempérer les ardeurs des associations et des particuliers, la tentative de régulation des dons et des actions de solidarité par l'exécutif. Face au boom enregistré en matière d'actions de solidarité, le gouvernement avait réagi via une instruction réglementant les actes de solidarité.
Après avoir salué la grande mobilisation et appelé les citoyens désireux de mener des actions à s'organiser au sein d'associations et de comités de quartiers, le Premier ministre avait fini par émettre une instruction dans laquelle il demandait aux walis d'encadrer davantage l'action associative. C'est ainsi que les dons émanant de l'étranger devaient obligatoirement transiter par les postes consulaires et diplomatiques chargés d'arrêter les modalités de leur acheminement après accord du ministère des Affaires étrangères.
Le gouvernement avait tenu alors à préciser que « les dons en nature se verront orientés en priorité pour satisfaire les besoins exprimés par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, notamment pour les matériels et équipements médicaux ».
Tous les dons en matériels et équipements médicaux doivent être acheminés vers la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui en assurera le stockage et la comptabilité sous la supervision du ministère de la Santé, selon la même instruction qui a également mis la supervision des dons en nature et leur distribution sous la coupe des walis. Autant de facteurs qui ont fini par avoir raison du formidable élan de solidarité.
N. I.
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