Situation burlesque et chantage
Dans les vestiaires de l?équipe nationale, l?ambiance était électrique. C?est un peu normal après une défaite synonyme d?élimination. Mais ceci n?explique en rien l?attitude de certains joueurs, professionnels, faut-il le préciser, très rodés à ce genre de situation. Les déclarations de fin de match sont importantes, c?est pour cela que plusieurs joueurs évitent de s?exprimer sur des sujets qui risquent de fâcher. Cela n?a pas été le cas pour la composante des Verts qui s?est étalée sur des sujets ne la concernant pas. Il faut le dire tout haut, certains joueurs de l?équipe nationale, avec des mots tout juste déguisés, n?ont pas pris de gants pour brandir la menace du chantage. Des joueurs comme Antar Yahia ou Ziani par exemple n?ont pas hésité à déclarer tout de go que « si par hasard la fédération de football procédait au limogeage du sélectionneur Cavalli elle (la fédération) assumera les conséquences qui en découleront ». Un autre joueur comme Ziani dira que « nous devons rester solidaires avec Cavalli. S?il doit partir, nous partirons tous ensemble ». Ces déclarations étaient soutenues par plusieurs autres joueurs de l?équipe nationale qui ont laissé apparaître cette impression que l?équipe nationale devenait leur propriété privée et de ce fait ils étaient à même de décider de son avenir. Après avoir lamentablement raté l?objectif qui leur était tracé, à savoir la qualification pour la phase finale de la coupe d?Afrique des nations, les joueurs veulent jouer sur un autre terrain en engageant dès à présent un bras de fer avec la structure fédérale. Professionnellement, quand on échoue dans sa mission, on se retire où on se tait. Cela n?a pas été le cas pour certains joueurs qui s?érigent en propriétaires des lieux alors qu?ils participent pour la deuxième fois consécutive à l?échec de notre football. Il est inadmissible que la fédération fasse le dos rond pour laisser passer ce genre de déclarations de certains éléments qui sont loin d?être en position de force pour pouvoir s?exprimer de cette façon. Loin de la pression populaire, les joueurs n?ont pas ressenti réellement la frustration des millions d?Algériens qui ne sont jamais restés indifférents à l?évolution de l?équipe nationale malgré tous ses déboires. Face à la Gambie, une équipe qui jouait à la dilettante puisqu?elle n?avait plus rien à gagner, nos joueurs n?étaient même pas capables de se surpasser et de remporter la victoire de l?espoir. Rien de tout cela. S?il est vrai que notre football traverse une période très critique, il n?en demeure pas moins que les Algériens sont jaloux de leur sélection, et à ce titre, personne n?a le droit de s?approprier cette équipe. Il aurait été souhaitable que les joueurs fassent une halte à Alger avant de s?envoler vers l?Hexagone pour avoir une meilleure idée sur l?impact de cette défaite qui reste en travers de la gorge. Il est certain qu?un contact avec les supporters, comme il en manque tant à notre sélection depuis un certain temps, aurait galvanisé encore mieux les joueurs à se surpasser sur le terrain de jeu au lieu de s?adonner à de stériles confessions qui ne mènent à rien. La fédération de football se trouve donc devant un cas flagrant de dépassement de prérogatives, car la défaite, aussi amère soit-elle, n?explique pas à elle seule cette dérive verbale.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A. Hammou
Source : www.elwatan.com