Ministère de l’Education/Ecoles privées : la lune de miel
A en croire les sollicitudes du ministre de l’Education nationale à l’égard des directeurs d’écoles privées venus hier en grand nombre exposer leurs doléances, on comprendrait que c’est la lune de miel entre la tutelle et ces établissements scolaires.
Cela a été confirmé hier par Boubekeur Benbouzid. En effet, le Premier responsable du secteur vient de tendre la main à la famille de l’Education relevant du secteur privé en décidant d’enterrer la hache de guerre après des années de tension entre les deux parties, au moment où le ministre annonce lui-même 17 nouvelles écoles privées pour cette année, qui s’ajouteront au 119 déjà implantées à travers 14 wilayas du pays, pour un secteur qui compte aujourd’hui pas moins de 20.000 élèves.
Dans un langage réconciliateur, M. Benbouzid estime que «c’est l’école privée qui complète l’école publique qui n’est pas du tout son ennemie». Le ministre reconnaît toutefois que par le passé, il y a eu un bras de fer avec ces écoles qui, selon lui, «dans leur majorité, ne sont toujours pas conformes avec la loi». Et d’ajouter, «si j’applique le cahier des charges, la moitié des écoles privées mettront la clef sous le paillasson.» Intransigeant, M. Benbouzid invite les chefs d’établissements privés à «respecter les programmes pédagogiques ainsi que la langue nationale.» «Une chose, tient-il à souligner, sur laquelle nul ne peut revenir.» Quant aux langues étrangères, le ministre estime qu’elles peuvent être enseignées tous azimuts.
Une semaine après la rentrée des classes, le ministre de l’Education nationale a ainsi convoqué les responsables des établissements privés, les appelant cette fois-ci à la rescousse en ce qui concerne le préscolaire, notamment dans les grandes villes du pays, et à s’y investir pleinement avec l’arrivée, cette année, d’environ 420.000 enfants. «Vous nous aidez sur cette question et nous vous aiderons», telle a été la sollicitation du ministre en direction des directeurs des écoles privées à qui il a demandé de s’organiser en associations pour défendre leurs droits et régler leurs problèmes d’une façon concrète.
Pour leur part, les directeurs du privé ont exprimé leurs inquiétudes concernant les enfants émigrés et ceux étrangers qui se trouvent pénalisés par l’absence d’écoles et de programmes spécifiques. Le ministre s’est engagé à lever cette contrainte. Une grande école destinée aux enfants des étrangers sera en effet inaugurée l’année prochaine à Alger, avec des sections anglo-saxonnes et francophones. Une enveloppe de 100 milliards de centimes a été consacrée à ce projet. A ce titre, le ministre a également promis de se pencher sur les problèmes relatifs aux assiettes foncières. «Il est temps pour nous de construire nos propres écoles et en finir avec les coûts exorbitants de la location et des charges qui deviennent trop pesantes», relèvent certains responsables d’écoles privées. La directrice d’une école estime le coût moyen de la location à 300.000 dinars par an et à 15 millions de dinars pour les salaires des enseignants. Les propriétaires d’établissements privés ont relevé aussi un déficit en manuels scolaires, en formation des enseignants et des impôts élevés. Le ministre de l’Education leur a promis d’intervenir auprès du ministre des Finances, celui de l’Intérieur et des autorités locales pour aplanir ces problèmes. «Le gouvernement ne restera pas sourd et inactif face à vos difficultés», tient-il à les rassurer. Ce qui augure d’une nouvelle ère dans les relations entre le ministère de l’Education nationale et les patrons des écoles privées. Une nouvelle page qui se tourne.
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com