Alger - A la une

Appelle à la modification de la loi sur la déclaration des naissances



Appelle à la modification de la loi sur la déclaration des naissances
Chef de service de néonatalogie au CHU Mustapha Pacha (Alger), le Pr Djamil Lebane relance son appel à la tenue d'assises nationales sur les naissances en Algérie et insiste sur la nécessité de procéder à la modification de la loi sur la déclaration des naissances. C'était hier, à l'occasion d'un séminaire sur la jeunesse, organisé à l'hôtel Sofitel, à l'initiative de la Fondation algérienne sur les droits de l'enfant et de l'adolescent (Fadez), présidé par Nacer Dib. Le spécialiste en pédiatrie, connu pour ses nombreuses interventions médiatiques sur la santé de la mère et de l'enfant rappelle qu'en Algérie, la déclaration de la naissance se fait à partir de 28 semaines, alors que des bébés naissent à 6 mois (24 semaines) et que l'OMS la recommande à partir de 22 semaines. Cela fausse les calculs, raison pour laquelle, indique le Pr Lebane, les taux donnés par l'Algérie, en matière de mortalité infantile, sont souvent contestés par l'OMS. Aucune explication n'est donnée par les services du ministère de l'Intérieur sur les raisons de ce refus des autorités algériennes à s'aligner sur les normes recommandées par l'organisation onusienne. Même questionnement pour ce qui est de la tenue des assistes nationales sur les naissances qui est une revendication ancienne d'au moins une année. «J'ai appelé à la tenue de ces assises, l'année dernière parce que la situation l'impose. C'est une responsabilité importante des pouvoirs publics. C'est une priorité absolue comme l'attestent les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement)», soutient le spécialiste. Et ce dernier de préciser : «Les OMD ne demandent pas à diminuer telle ou telle maladie mais de réduire le taux de mortalité maternelle et infantile. C'est le premier devoir du ministère de la Santé.» Alarmant, le chef de service néonatalogie au CHU Mustapha, affirme que «la situation est si complexe qu'il est urgent de réunir toutes les parties concernées par ce problème. Il faut aller vers ces assises qui seront d'abord régionales puis nationales. Il faut sortir avec des propositions concrètes et non pas des plaintes. Le constat est connu de tous, nous voulons des solutions». A partir des propositions qui seront faites, «on va renforcer le programme national de périnatalité, en vigueur en Algérie depuis 2006». Ce programme est appuyé par un décret promulgué en 2011. Pour ce qui est de la méthode Kangourou et de l'initiative «Hôpitaux amis des bébés» chère au Pr Lebane, ce dernier déplore simplement l'indifférence affichée par les autorités sensées la mettre en ?uvre. «Depuis 1995, nous essayons de modifier le comportement du personnel et des mamans de façon à les amener à encourager la pratique de l'allaitement maternel. Le résultat est médiocre. Nous, les professionnels de la santé, nous sommes les premiers responsables de cet échec. Les personnels de la santé découragent, sans le vouloir, la promotion de l'allaitement maternel», indique le Pr Lebane. Et ce dernier de revenir sur le problème de formation en la matière : «Il y a absence totale de formation en matière d'allaitement. Chacun raconte ce qu'il veut. La maman reçoit des messages contradictoires et se perd. Il devient donc nécessaire de faire un travail dans ce sens.» Tout comme il est nécessaire que la tutelle s'engage dans cette initiative «hôpitaux amis des bébés»: «Il faut un engagement percutant de la tutelle...Malheureusement, il n'y a pas de volonté politique. Les gens ne sont pas chauds à ce qui marche mieux et à moindre coût.» Par ailleurs, a insisté, encore une fois, hier, le Pr Lebane, «l'abandon de l'allaitement maternel est une grave fissure dans la fondation de l'humanité. Cela explique, en partie, la croissance du phénomène de violence et les comportements pervers dans la société d'aujourd'hui».K. M.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)