Alger - A la une

Appeler pour gagner !



Diversité - Les pratiques malveillantes ne se limitent pas aux SMS, mais s'étendent aussi aux appels.
Ça commence par un texto, mais on suggère aux citoyens d'appeler à certains numéros pour gagner des voitures, meubles, voyages, argent, etc. Et rien ne semble arrêter cette jungle où les crédules parmi les abonnés aux réseaux de la téléphonie mobile continuent de rêver.
C'est une technique maligne pour faire croire aux participants qu'il s'agit bel et bien d'annonces sérieuses. Et là les témoignages des victimes ne manquent pas. Même les prestataires de services de rechargement automatique en sont témoins.
«Il y a des citoyens qui viennent recharger leurs téléphones trois ou quatre fois par jour. Et parfois, ils appellent ces numéros dans ce local même et redemandent encore à recharger. Je leur dis que cela ne mène à rien et qu'ils ne font que jeter leur argent par la fenêtre. En vain. Personnellement, j'ai la conscience tranquille car j'ai toujours sensibilisé mes clients sur ce danger permanent qui les guette. Ces jeux sont devenus comme une addiction pour certains !», affirme Mourad, propriétaire d'un kiosque multiservices à la rue Ferhat-Boussad (ex-Meissonier) à Alger-Centre. Les appels sont tarifiés à 75 dinars les 30 secondes.
On peut alors imaginer les sommes faramineuses dépensées, ou plutôt jetées par la fenêtre, par les consommateurs crédules qui font encore confiance à des arnaqueurs. «Il y a quelques jours, j'ai reçu un SMS m'informant que j'étais sélectionné pour gagner une grosse cylindrée et me demandant d'appeler à un numéro pour confirmer ma présence à la cérémonie de remise de ce cadeau.
J'ai vite acheté une carte de recharge de 2 000 dinars et j'ai appelé. Une femme me répond, elle me demande nom, prénom, adresse, fonction...Ensuite, elle m'a exigé de la rappeler dans 10 minutes. J'ai consommé tout le crédit et la belle voix me demande de la rappeler quatre jours plus tard pour me préciser le lieu de la cérémonie. C'est un cauchemar, j'ai dépensé au total 4 500 dinars, sans résultat», avoue Mohamed, agent de sécurité dans une banque privée à Alger. «Je veux engager des procédures judiciaires pour dévoiler ces arnaqueurs, mais un avocat m'en a dissuadé, arguant le fait que je serais appelé à dépenser encore plus d'argent. Il faut que l'Etat intervienne pour sanctionner sévèrement les auteurs de ces escroqueries», se révolte notre interlocuteur. Il y a même des abonnés qui récidivent et tentent encore leur chance, estimant que 75 ou 80 dinars ne signifient rien pour eux. Et ils ne s'en rendent compte qu'après avoir épuisé une «fortune». C'est le cas de Saïd, serveur dans un restaurant qui a dépensé en un mois plus que sa paie. «J'ai participé à un concours où on devait appeler à un numéro comme pour répondre à certaines questions relatives à l'actualité sportive.
Mais en fin de compte, la belle voix tentait de faire durer la communication le plus de temps possible. Au même moment, je participais à un autre jeu de hasard en envoyant les mots qu'on me demande sur un autre numéro. Je demandais à chaque fois des avances sur salaires. Et à la fin du mois, lorsque j'ai demandé au patron de me payer, il m'a dit que c'était plutôt moi qui lui devais 1 000 dinars !», témoigne-t-il.
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