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Appel aux journalistes



Appel aux journalistes
Le ministre de la Communication, Hamid Grine a souligné, hier à Alger, l'importance de la formation continue pour les journalistes désireux d'atteindre le professionnalisme."Les journalistes algériens sont appelés à se former en continu pour que nous puissions disposer d'une presse professionnelle et crédible", a précisé M. Grine à l'ouverture d'une conférence de formation au profit des professionnels de la presse sous le thème "Professionnalisme et crédibilité dans les medias arabes". Après avoir rappelé le programme "riche et diversifié" de son secteur en matière de formation de journalistes qui s'étend tout au long de l'année, le ministre a indiqué que les journalistes "auront, à partir de septembre, de grandes surprises concernant la formation avec la participation de journalistes arabes et étrangers de renom, l'objectif étant d'atteindre le +professionnalisme+". L'expérience algérienne saluéePour sa part, Dr Bassim Tweissi, recteur de l'Institut jordanien de l'Information a salué, lors de son intervention, l'expérience algérienne en la matière. L'Algérie "a réalisé ces dernières années de grandes avancées dans le domaine médiatique en matière de liberté d'expression et de presse", a-t-il ajouté rappelant les expériences "pionnières" de l'Algérie dans le domaine des médias locaux "qui ont contribué à la préservation de la stabilité de l'Algérie en cette conjoncture marquée par les soubresauts qui secouent les pays arabes". Le conférencier s'est référé au développement réalisé par les 48 radios locales, soulignant dans ce contexte que "cette question est d'une grande importance et les pays arabes doivent apprendre à travailler avec les médias locaux qui ont un rôle très important dans l'établissement d'une base démocratique locale solide au niveau des communes et des assemblées locales pour s'élargir au niveau national". Dans le même contexte, Dr Tweissi a souhaité que "les sociétés locales arabes puissent bénéficier de l'expérience algérienne en matière d'information locale qui se veut une expérience très importante". Evoquant le thème de la liberté de la presse dans le monde arabe pour la période post-mutations (communément connue sous l'appellation +printemps arabe+), M. Tweissi a indiqué que l'Algérie figurait parmi "les pays arabes les mieux placés en matière de liberté de la presse". Crise de professionnalismeM. Tweissi a relevé aussi "une crise de professionnalisme" chez les médias satellitaires dans le Monde arabe depuis les perturbations de 2011, soulignant l'explosion quantitative du contenu médiatique au détriment de l'apport qualité et la pullulation des chaînes spécialisées dans "le journalisme religieux". "Le volume quantitatif des médias arabes a multiplié de trois à quatre fois depuis 2011, passant de 400 à 1 400 chaînes satellitaires en quatre ans", a affirmé M. Tweissi, doyen de l'Institut de l'information du Royaume de Jordanie lors d'une conférence sur "le professionnalisme et la crédibilité dans les médias arabes", en présence du ministre de la Communication, M. Hamid Grine. "Une explosion médiatique qui ne rime pas toujours avec la qualité", a-t-il poursuivi. S'appuyant sur des données de l'Union des radios arabes, M. Tweissi, qui est également fondateur de la radio Sawt El Arab, a indiqué qu'environ une centaine de chaînes de radio agréées dans les pays arabes sont spécialisées dans le "journalisme religieux". "Au moins 16 % de ces stations diffusées par satellite alimentent le sectarisme et le charlatanisme religieux et dirigent de façon directe ou indirecte les conflits religieux. Elles sont là pour véhiculer des messages des extrémistes et terroristes", a-t-il ajouté. Pour étayer ses propos, il a cité comme exemple, la transmission de l'exécution du pilote jordanien enlevé il y a quelques mois par le groupe autoproclamé "Etat islamique", (EI/Daech). "En procédant à l'émission de telles atrocités les médias ont rendu service à ce groupe terroriste", a-t-il estimé. Investissement dans le journalisme religieuxIl a en outre noté que "les investissements en matière de journalisme religieux s'élèvent à 20 milliards de dollars" tandis que "la recette publicitaire ne dépasse pas les 2 milliards de dollars", ajoutant que l'"investissement politique dans le journalisme religieux est une réalité que nul ne peut nier". Le conférencier n'a pas manqué également d'expliquer "comment les pays n'ayant pas connu de perturbations au passage du Printemps arabe, à l'instar de l'Algérie et de la Jordanie ont pu redorer l'image de leurs médias nationaux et gagner à nouveau le capital confiance de leurs publics respectifs". Selon le conférencier, "après 2011, les médias nationaux ont pris le dessus sur ceux appartenant au paysage médiatique régional". Durant cette même période, certaines chaînes de télévisions satellitaires se sont transformées en des "outils de conflit", a-t-il mentionné. "Au lieu donc de jouer leur rôle d'observateurs, d'aucuns (certains organes régionaux) étaient parties prenantes du Printemps arabe, ce qui a donné lieu, dit-il, à une "dégringolade" du professionnalise et de la crédibilité des médias arabes. "Le professionnalise est un enjeu à cultiver dans la durée, mettre l'intérêt général au-dessus de toutes autres considérations, former davantage les journalistes, leur inculquer les principes du métier à savoir, l'exactitude et la vérification", a-t-il conclu. La conférence sur "le professionnalisme et la crédibilité dans les médias arabes" a été organisée par le ministère de la Communication dans le cycle de conférence-formation que le ministère organise à l'intention des professionnels de la presse.


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