Le Comité algérien contre la torture et les conditions carcérales inhumaines (CACTCCI), le Comité national de libération des détenus (CNLD) et la Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (Cnuac) ont appelé hier à la formation d'un "front commun anti-répression", en réaction à la répression des marches de vendredi dernier dans plusieurs villes du pays, à commencer par la capitale, où des dizaines de manifestants ont été interpellés et des journalistes empêchés d'exercer leur métier par les policiers qui les ont retenus durant des heures dans les commissariats d'Alger."Nous avons besoin d'un front anti-répression en urgence qui organise, coordonne et mobilise les Algériennes et les Algériens en colère contre cette répression et cet arbitraire sans limites", affirment le CACTCCI, le CNLD et la Cnuac dans un communiqué commun, appelant les "comités, collectifs, associations, partis, personnalités mais aussi la diaspora et son potentiel mobilisateur, engagés dans ce mouvement populaire, à s'impliquer dans ce front anti-répression et à converger vers cette démarche unitaire pour faire contrepoids à cette répression des Algériennes et des Algériens et recréer l'espoir d'une transition pacifique qui assoit la souveraineté populaire sur ce pays, sur ses institutions et ses richesses".
Car, "il y va de la survie de notre Algérie", ajoute ce communiqué. Ces trois organisations viennent joindre leurs voix à celles dénonçant le recours systématique par les autorités à la répression des manifestations de la révolution populaire (Hirak) et le retour des arrestations massives de militants politiques et d'activistes de la société civile, mais aussi des avocats, des enseignants universitaires et journalistes qui couvraient la marche de vendredi dernier.
"La répression est devenue l'unique feuille de route du pouvoir", dénoncent encore ces trois organisations nées depuis le début du Hirak, soulignant que "l'escalade de la répression depuis quelques jours, traduit l'impasse dans laquelle se trouvent ces gouvernants délégitimés par leurs élections et par leur prédation". Depuis la reprise des manifestations du vendredi et celles initialement organisées par les étudiants le mardi, à l'occasion de la célébration de l'an deux de la révolution populaire du 22 Février 2019, les autorités ont commencé à réprimer les manifestants aussi bien dans la capitale Alger que dans certaines autres wilayas du pays, où la mobilisation populaire est restée intacte malgré un an d'interruption des marches, en raison de la pandémie de coronavirus.
Cette répression s'est accompagnée d'un retour des arrestations dans le milieu militant, accompagnées parfois par des perquisitions chez certains d'entre eux. Des militants ont même été arrêtés sur le lieu de leur travail, quand ils ne sont pas interpellés chez eux. Ce que dénoncent ces trois auteurs du communiqué, en expliquant que "la répression massive des Algériennes et des Algériens traduit l'aventurisme dangereux dans lequel s'engage ce pouvoir et qu'on ne peut permettre pour une Algérie suffisamment abîmée".
Hier, au moins 90 citoyens, parmi plus d'un millier d'autres Algériens interpellés vendredi dernier, ont été présentés devant la justice dans plusieurs wilayas du pays. "Avec ces milliers d'arrestations, près d'une centaine en prison, une violence inouïe, des traumatismes graves et cet état de siège policier dans la capitale, étend ce vendredi noir à toutes les villes d'Algérie, la rupture est définitivement consommée entre ce peuple résistant et ces gouvernants liberticides", ont ajouté le CNLD, le CACTCCI et la Cnuac.
L. Menacer
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes MENACER
Source : www.liberte-algerie.com