L’Algérie dans le tourbillon de l’intoxication médiatique
Après le feuilleton d’Al-Jazeera et son fameux sondage diffusé sur Internet, au lendemain des attentats du 11 décembre à Alger, ce qui faisait de la chaîne qatarie une sorte de «tribune du GSPC», c’était au tour des correspondants des agences Reuters et AFP, accrédités à Alger, de prendre le relais... Souffrant d’un déficit flagrant en communication, notamment sur le plan de l’information sécuritaire, l’Algérie devient la proie d’une intoxication médiatique vaillamment orchestrée par des relais étrangers à grande audience. Le premier à en avoir usé et abusé est la chaîne satellitaire Al-Jazeera, véritable boîte postale d’Al-Qaïda, excellant dans la diffusion d’images horribles et d’envoi de communiqués vindicatifs et d’enregistrements vidéo insoutenables. Les premières images choquantes de la chaîne de télévision qatarie étaient celles de l’exécution par le Jordanien El-Zarqaoui, en 2005, des deux diplomates algériens en poste à Baghdad. N’ayant pas cessé sa campagne haineuse contre les Algériens, Al-Jazeera devait récidiver en passant à l’écran des extraits d’un film attribué à Al-Qaïda au Maghreb sur les attentats du 11 avril d’Alger. Selon des experts dans la communication, il s’agit d’un véritable dérapage en matière de traitement de l’information sécuritaire. Devenue un outil de propagande de premier ordre, la chaîne qatarie se contente de diffuser en boucle ses «scoops», cautionnant le sang des innocents en arguant, à chaque fois, la sacro-sainte liberté d’informer. En 2004, le ministère de la Communication gelait les activités du bureau d’Al-Jazeera à Alger pour, nous dit-on, manquement à la loi du correspondant local ou parce que la parole avait été donnée à des islamistes réfugiés à l’étranger. Aujourd’hui, c’est les correspondants locaux des agences de presse étrangères qui répercutent de fausses informations sécuritaires en Algérie. Les aveux des journalistes de Reuters et de l’AFP démontrent la vulnérabilité même chez les grandes agences de presse face aux informations sensibles. Pour les autres, Il s’agit tout bonnement d’une manipulation grossière qui ne dit pas son nom pour des agences réputées, pourtant, pour le sérieux dans le traitement de l’information, notamment celles d’ordre sécuritaire. La course à la primeur est le seul leitmotiv pour les deux agences britannique et française ayant accumulé pourtant plus d’un demi-siècle d’expérience dans des guerres aussi cruelles que la Première et la Seconde Guerres mondiales. Les deux correspondants de Reuters et de l’AFP ont-ils péché par manque de vérification d’information ou ont-ils été induits en erreur par leurs sources? Pour les journalistes professionnels, il s’agit d’erreurs fatales qui s’apparentent à une véritable intoxication médiatique.
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com