De quoi sera faite l’année 2008
Il est d’usage de dater le début du terrorisme en Algérie à la suite de l’avortement des élections législatives du 26 décembre 1991 et la suspension de leur deuxième tour le 11 janvier 1992, bien que les premières actions terroristes armées ont apparu dès 1989 et se sont poursuivies entre-temps. La nouvelle année qui vient de commencer est une autre dans la vie du terrorisme qui a fauché des dizaines de milliers de vies d’Algériens. L’année 2007 s’est achevée avec quelque trois cents morts et plus du double en blessés parmi les forces de sécurité et les civils dans plus de quatre cents actes terroristes (décompte à partir de la presse nationale). Elle a été particulièrement meurtrière pour les civils du fait des attentats kamikazes dans les wilayas d’Alger (avril et décembre) et de Batna (septembre). Contre cette nouvelle pratique criminelle, aucune prévention policière n’est réellement efficace. A travers elle, l’ex-GSPC a montré dans le sang, à ceux qui ne veulent pas le voir dans sa nouvelle réalité, qu’il n’a plus rien à voir avec l’organisation criminelle qu’il fut depuis sa création en 1998 et qu’il est désormais ce qu’il a solennellement annoncé être, le 24 janvier 2007, Al-Qaïda au Maghreb. Cette organisation a recouru, à huit reprises, tout au long de sa première année, à ce type d’attentats, par lequel elle n’a pas hésité à attenter à la vie du président de la République lui-même sans pour autant «négliger» de cibler les institutions les plus hautes de la République, des édifices sécuritaires, un siège de l’ONU, des ressortissants étrangers et un nombre important de citoyens, simples passants dont des femmes et des enfants. L’ex-GSPC a montré ainsi qu’il «muté». Et la nouvelle année qui commence ne sera rien d’autre qu’une continuité de cette pratique qui va finir nécessairement par tenter de s’élargir à d’autres cibles dans le but de faire davantage de mal au pays. Parallèlement, les autres manières de manifestation de ses criminels ont très peu de chance de connaître un recul maintenant que le suicide est devenu pour eux une option. D’autant qu’au-delà de ce qui ne se voyait en Algérie qu’à travers le regard de ce qu’était le GSPC, actuellement, c’est désormais l’agenda d’Al-Qaïda avec ses délires à l’échelle mondiale qui est à l’ordre du jour. Ils ne parlent plus d’»Etat islamique» en Algérie. Ils tentent d’agir dans la perspective d’une reconstitution d’un Califat à une échelle plus large. Et vu le «potentiel» dont ils ont pu disposer depuis près de deux décennies de terrorisme en Algérie, le pays constitue pour eux une «citadelle» qu’ils ne sont pas près de lâcher.
L’année 2008 sera celle où l’ex-GSPC bouclera, en septembre prochain, le dixième anniversaire de sa création qui coïncidera, le même mois, avec le deuxième de son «allégeance» à Al-Qaïda dont il porte le nom depuis une année. Nul n’a besoin d’être devin pour avancer que l’organisation terroriste tentera tout pour marquer cette année à sa manière. Il reste à l’Algérie d’identifier clairement, dans un esprit foncièrement patriotique et radicalement républicain, l’ex-GSPC en tant que «mutant» qu’il est devenu concrètement. Les anciennes «thérapies» strictement sécuritaires, bien qu’elles demeurent et doivent rester incontournables, ne suffisent plus, à elles seules, d’éradiquer les nouveaux monstres. Mais, en même temps, l’Algérie dispose d’un énorme réservoir d’initiatives antiterroristes au niveau d’un grand nombre d’institutions de l’Etat et au sein de la société qu’il suffit de peu pour le mettre à profit. Le retard, pour des raisons politiciennes, pris pour le mettre au service de la République est incommensurable et difficilement rattrapable. Mais, il vaut mieux tard que jamais.
Mohamed Issami
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com