Alger - Revue de Presse

Analyse du jeudi



Le danger vient aussi de l’Europe Une semaine après la série d’attentats de Tizi-Ouzou et Boumerdès revendi-qués par Al-Qaïda, les forces de sécurité ont arrêté, in extremis, un groupe terroriste qui s’apprêtait à frapper au cœur de la ville de Blida et qui était retranché dans la commune voisine de Bouarfa. La ou les cibles visées n’ont pas été précisées si ce n’est qu’il a été question qu’un boulevard important de la ville devait être le théâtre d’au moins une explosion. L’enquête, toujours en cours, qui devait, entre autres, établir l’éventualité d’un lien entre l’action criminelle projetée et celle qui a frappé la Kabylie, a néanmoins déjà mis en évidence que le groupe terroriste arrêté a, moyennant finances, trouvé un individu pour le charger de la sale besogne d’ébranler la ville des roses. La parcimonie –compréhensible- avec laquelle circule l’information sécuritaire handicape quelque peu la lecture de l’adaptation du GSPC à son nouvel habit qaïdiste, mais ce qui est évident avec cette information c’est que l’après-Kabylie a commencé. Blida a échappé à un drame projeté mais rien ne dit que le même agenda n’a pas été envisagé pour d’autres villes et régions avec des actions à même de frapper l’imagination et de faire dans le spectaculaire pour forcer les médias à amplifier la réalité qui cherche à s’imposer.Sur cet arrière-fond, persiste en Algérie un quotidien qui n’est que bien trop connu et auquel font face, souvent avec succès, les institutions de l’Etat chargées de la sécurité du pays. Les médias internationaux et les spécialistes des questions de terrorisme islamiste se sont attardés tout au long de la semaine écoulée sur les derniers attentats en Kabylie sous leur aspect de première action d’Al-Qaïda en Algérie et les implications possibles des tentacules de cette organisation dans la région. Pour beaucoup d’entre eux, si Al-Qaïda est présente en Algérie, tout en donnant une envergure maghrébine à sa branche locale, c’est pour des raisons de voisinage qu’elle l’est déjà en Europe. Les appréhensions des uns et des autres pourraient être salutaires —même si elles sont parfois alarmistes—, pour élever le niveau de vigilance qui permettra au Maghreb d’une manière générale et à l’Algérie particulièrement de faire face à leur devoir. Le vieux continent n’est pas seulement une cible pour Al-Qaïda qu’elle agite de temps à autre, mais a, de tout temps, depuis l’apparition du terrorisme en Algérie, constitué une base arrière pour le GIA en son temps et par la suite pour le GSPC. L’arrestation, une semaine avant les attentats de Kabylie, d’un sujet marocain dans le nord de l’Espagne et qui était selon le ministère de l’Intérieur de ce pays «membre présumé d’une structure terroriste, au service d’Al-Qaïda et du GSPC, chargée de recruter des volontaires pour le Jihad au Maroc, en Irak et en Algérie», vient prouver que l’ex-GSPC pourrait peut-être voir l’Europe comme cible, conformément au vœu de son tuteur officiel, mais n’attend pas moins de ses partisans qui s’y trouvent d’y puiser l’aide et l’assistance qui lui sont quasiment impossibles en Algérie. Si l’Espagne a salutairement mis M’barek El-Jaâfari -ce recruteur au profit du GSPC- hors d’état de nuire, la question qui se pose est de savoir combien d’autres Jaâfari courent toujours aussi bien dans ce pays que dans le reste de l’Europe.
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