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Amnesty International dresse un constat sévère sur la situation des droits de l'homme en Algérie



Amnesty International dresse un constat sévère sur la situation des droits de l'homme en Algérie
Amnesty International fait un bilan critique de la situation des droits de l'homme en Algérie au cours de l'année 2016.Dans son rapport annuel rendu public aujourd'hui, l'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International a indiqué que les atteintes ont touché pratiquement tous les droits fondamentaux des Algériens. Elle cite, la liberté de réunion, la liberté d'expression, la liberté de presse, les droits civils et politiques et autres. « En 2016, les autorités ont restreint la liberté d'expression, d'association, de réunion et de religion. Des détracteurs pacifiques du gouvernement, notamment des défenseurs des droits humains, ont été poursuivis dans le cadre de procès inéquitables », dénonce la plus importante ONG de défense des droits de l'Homme dans le monde. Elle ajoute : « Des réfugiés et des migrants ont été expulsés arbitrairement ». Revenant à la décennie noire, AI regrette que les responsables d'atteintes graves aux droits humains perpétrées par le passé ont continué de bénéficier de l'impunité.Pour la liberté d'expression, l'ONG affirme que des personnes qui avaient critiqué pacifiquement le gouvernement ont fait l'objet de poursuites pénales et des médias ont été fermés. « En mars, un tribunal de Tlemcen a déclaré Zoulikha Belarbi, membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), coupable de diffamation, d'« outrage au président de la République » et d'« outrage à corps constitué » et l'a condamnée à une amende ». Il lui était reproché d'avoir publié sur Facebook un photomontage satirique montrant le président Abdelaziz Bouteflika et des responsables politiques. Une cour d'appel l'a en outre condamnée à six mois de prison en décembre.En ce qui concerne le droit d'association, Amnesty s'inquiète du refus des pouvoirs publics d'accorder des agréments à des associations. « En accusant pas réception de leurs demandes d'enregistrement, les pouvoirs publics ont, cette année encore, laissé dans un vide juridique de nombreuses associations de la société civile, comme Amnesty International Algérie. Ces demandes étaient exigées par la Loi 12-06 sur les associations, qui imposait toute une série de restrictions arbitraires à leur enregistrement », s'inquiète AI. Elle rappelle dans ce cadre que l'appartenance à une association non reconnue était passible d'une peine de six mois d'emprisonnement et d'une amende. « Les autorités restreignaient toujours strictement la liberté de réunion. Elles ont continué d'interdire toutes les manifestations dans la capitale, Alger, en application d'un décret de 2001, et elles ont arrêté et poursuivi des manifestants pacifiques », déplore-t-elle.Des atteintes à tous les niveauxLa traque de la communauté ahmadie, le décès du journaliste Mohamed Tamalt et la condamnation des membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs au sud et l'emprisonnement de Slimane Bouhafs converti au christianisme n'ont pas échappé aux radars d'Amnesty qui critique la gestion de ces affaires par le gouvernement.En outre, Amnesty International appelle à l'arrêt des pressions sur les défenseurs algériens des droits de l'homme. « Des défenseurs des droits humains ont été harcelés et ont fait l'objet de poursuites. En mars, un tribunal de Ghardaïa a inculpé Noureddine Ahmine, avocat, d'« outrage à corps constitué » et de fausse dénonciation d'une infraction pour avoir déposé une plainte pour torture, en 2014, apparemment au nom de l'un de ses clients ».Selon la même source, les autorités ont persisté dans leur refus d'autoriser l'accès au pays à des mécanismes des Nations unies chargés de veiller au respect des droits humains, notamment ceux dont le mandat porte sur la torture et les autres formes de mauvais traitements, la lutte contre le terrorisme, les disparitions forcées et la liberté d'association et de réunion pacifique. Elles ont également continué d'empêcher des organisations internationales, dont Amnesty International, d'effectuer des missions d'enquête sur les droits humains.Le traitement des migrants et des refugies par les autorités publiques a eu sa part dans les critiques formulées par Amnesty. « En décembre, les forces de sécurité auraient arrêté à Alger environ 1 500 migrants et réfugiés venus d'Afrique subsaharienne et auraient expulsé plusieurs centaines d'entre eux vers le Niger dans les jours qui ont suivi. Les personnes qui n'ont pas été expulsées ont été libérées à Tamanrasset, ville située dans le sud du pays, et elles n'auraient pas été autorisées à utiliser les transports publics. Cette interdiction aurait eu pour but de les empêcher de retourner à Alger », peut-on lire dans le rapport qui revient aussi sur la situation de la femme en Algérie.Twitter
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