Photo : M. Hacène
Par Samir Azzoug
L'Algérie fait barrage à la vague verte qui a traversé ses voisins. L'Alliance de l'Algérie verte, principale force islamiste, n'occupe que la troisième position dans le choix des électeurs. La coalition dont les principaux représentants affirmaient, quelques jours avant le jour J du vote, remporter les élections par «KO» et que seule la fraude constituait un adversaire de taille, voient leur rêve de dominer l'Assemblée populaire s'évaporer. Le nationalisme, bousculé par la nouvelle vague islamiste dite modérée dans plusieurs pays arabes, reste le premier courant politique en Algérie avec la pôle position raflée par le Front de libération nationale. Au siège de l'Alliance, le soir du vote (10 mai), la tension était palpable. La conférence de presse prévue à 20h et annoncée à la mi-journée est reportée, car «les cheikhs sont enfermés dans les bureaux. Ils récoltent les premières informations sur le déroulement et les résultats», explique un membre de l'Alliance. Jusqu'à 23h, la conférence n'aura pas lieu. Seules quelques informations circulent émanant du centre de comptage, composé d'une vingtaine de jeunes garçons et filles, au second étage de la bâtisse. Elles annoncent un raz-de-marée de la liste de Amar Ghoul, à Alger. Plus tôt dans la journée, à 16h30, les chefs des partis, MSP, Ennahda et El Islah, constituant l'Alliance ont tenu une conférence de presse dans laquelle, à tour de rôle, ils ont communiqué leurs observations sur le déroulement des élections. Premier à intervenir, Bouguerra Soltani, président du MSP, note quelques points qui ont «entaché les opérations». «Des listes de candidatures étaient absentes de certains bureaux de vote, ou arrivaient tardivement alors que d'autres arrivaient en double. Des citoyens se présentant avec leurs cartes de vote ne trouvaient pas leurs noms sur les listes et n'ont pas pu voter. Des personnes non concernées se trouvaient à l'intérieur de certains bureaux. Certains représentants de partis ont été empêchés d'accéder à certains bureaux pour observer le déroulement du vote. Et certains militaires et autres corps spéciaux ont été orientés dans leurs choix», énumère-t-il. Il émettra quatre remarques. «L'Alliance met la justice devant ses responsabilités pour faire preuve d'une compétence digne de l'attente du peuple. Elle demande l'annulation de toutes les urnes suspectes. Refuse le prolongement du temps du vote. Et demande aux médias et partis de recenser tous les dépassements.» Les chefs d'Ennahda et d'El Islah ont également présenté des observations quasi-similaires. Plus virulents, ils dénoncent le parti pris de certains représentants de l'administration en faveur du FLN et du RND. «L'administration a exagéré dans ses pressions et actions en faveur de ces partis. Il y a fraude et il y a eu pression sur les citoyens», tempête Fateh Rebiaï. Et Soltani de tempérer après, «il y a eu des dépassements, pas de fraude. On se réunira, et on verra comment les choses se sont déroulées. Si ces cas de dépassements sont minimes on demandera à éliminer les urnes litigieuses. Si c'est généralisé, on prendra des mesures». Sur le taux de participation de 15% annoncé à 12h, Soltani, qui suspectait une anomalie quelques heures auparavant (4% à 10h), révise sa position et se dit satisfait des 28% annoncés à 16h. «J'insiste sur le bon déroulement du vote. Le taux de participation est secondaire. Mieux vaut une légitimité faible (par le taux de participation, ndlr), qu'une absence de légitimité induite par la fraude.» Lors d'une conférence de presse animée hier, vendredi, au siège de l'Alliance, l'un de ses représentant, Abderrezak Mokri dénonçait «une grande manipulation frauduleuse au niveau des wilayas» et «le vote dirigé RND ou FLN des militaires».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A
Source : www.latribune-online.com