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Amara Benyounès, un soutien encombrant du clan présidentiel



Amara Benyounès, un soutien encombrant du clan présidentiel
D'opposant acharné à fervent défenseur du pouvoir. En Algérie 2014, il y a des politiques qui excellent dans les grands écarts.Professionnels de la «gymnastique» politique, ils la pratiquent sans préparation et sans «échauffement». Parmi eux, un homme focalise sur lui tous les projecteurs ces derniers mois. Il s'agit du secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA) et actuel ministre du Commerce, Amara Benyounès. Ce sont souvent ses prises de position, à l'intérieur comme à l'extérieur du pouvoir, qui font toujours parler de lui. La dernière en date est sa déclaration sur l'accession de l'Algérie à l'OMC, qu'il considère comme «une priorité» pour laquelle le président Bouteflika «l'avait désigné au département du Commerce». Et il n'a pas attendu longtemps pour recevoir les premières estocades. Celles-ci sont données, cette fois-ci, par «ses amis».C'est le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, un autre «souteneur en toute circonstance du pouvoir», qui a visiblement été chargé de rappeler à l'ordre Amar Benyounès. «L'OMC ne doit être ni une obsession ni un objectif. L'adhésion à cette organisation est juste une perspective (?) Avant d'aller à l'OMC, il faut travailler ensemble (gouvernement, syndicat et patronat) pour mieux se placer dans l'économie mondiale», déclare Abdelmadjid Sidi Saïd.Sans le citer, Abdelmadjid Sidi Saïd, qui reprend à son compte les arguments de son amie Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT, s'adresse, en premier lieu, au ministre du Commerce. Un désaveu à l'intérieur du clan présidentiel ' Possible, d'autant que le secrétaire général du MPA, dit-on, est considéré comme un «boulet qui fait fuir d'éventuels partisans». Il n'est guère apprécié, malgré ses multiples gestes de loyauté. Sa maigre contribution à la validation du quatrième mandat du président Bouteflika qui comptait sur lui pour «un fort succès en Kabylie» serait à l'origine de ce début de «disgrâce». Mais c'est dans le camp de l'opposition que l'homme ne compte plus d'amis. Ce qui est paradoxal, pour celui qui a fait ses premiers pas politiques dans l'opposition. Qui est Amara Benyounès ' D'où vient-il ' Comment a-t-il réalisé cette «métamorphose» politique 'Démission? de l'oppositionNé en 1958 à Aïn El Hammam, Amara Benyounès est père de deux enfants. Fils de chahid, l'homme a un parcours ordinaire. Détenteur d'une licence en sciences économiques, option économie financière, obtenue à l'université d'Alger en 1983, puis d'un diplôme de 3e cycle en économie internationale et développement à l'université Paris I en 1986, il a été pour longtemps fonctionnaires du ministère de la Santé où il a assumé plusieurs postes. Sa carrière politique, il l'entame, principalement, au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dès sa création en 1990. Nommé directeur de cabinet du parti, Amara Benyounès gravit tous les échelons au sein de cette formation, dont il devient même le deuxième homme à côté de Saïd Sadi, leader historique du parti.Elu député en 1997 dans la circonscription électorale de Tizi Ouzou, il devient le chef du groupe parlementaire du RCD. Benyounès abandonne vite son mandat du député pour un costume de ministre. C'était en 1999. Il représente ainsi le RCD au sein du premier gouvernement du président Bouteflika, en prenant les commandes du ministère de la Santé en 1999, puis celui des Travaux publics en 2000. Le retrait du RCD du gouvernement en 2001, suite aux évènements du Printemps noir en Kabylie, contraint Amara Benyounès à abandonner son portefeuille ministériel. Pas de gaieté de c?ur assurément. Il ne tarde pas à quitter son parti, pour revenir dans la proximité du pouvoir. Il ne met pas, d'ailleurs, beaucoup de temps pour déclarer son soutien au président Bouteflika et annoncer son divorce avec l'opposition. «Je n'ai pas sur mon front la mention opposant», déclarait-t-il récemment sur un plateau d'une chaîne de télévision privée.La quête effrénée de strapontinMalgré le refus, des années durant, d'agréer son premier parti politique, l'UDR, l'homme ne désespère pas. Caressant toujours le rêve de retourner au gouvernement, Amara Benyounès s'engage corps et âme pour le deuxième mandat du président Bouteflika, puis pour le troisième. Ce n'est que vers la fin de ce troisième mandat, en 2012, qu'Amara Benyounès réalise ses deux principaux rêves : fonder officiellement son propre parti politique, le MPA en l'occurrence, et faire son come-back au gouvernement après douze longues années d'attente.Nommé dans les gouvernements successifs de Abdelmalek Sellal, Amara Benyounès ne compte pas quitter l'Exécutif. Sauf s'il est éjecté. «Même si on me donnait un poste de secrétaire d'Etat, je l'accepterais», confie-t-il à un de ses proches. C'est dire à quel point l'homme, qui fait ces derniers mois dans l'excès de zèle en jetant l'anathème sur tous ceux qui ne partagent ses nouveaux «idéaux», s'accroche même aux strapontins. Une logique qui l'amène jusqu'à mettre en veille prolongée son parti le MPA, dont la gestion unilatérale qu'il a imposé suscite déjà des remous et des démissions en cascade?


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